Ne serait-ce que pour la suspicion légitime de partialité qui pèse sur sa personne et par la gravité extrême des actes qu’il a posés en Décembre 2010, au mépris de la Constitution et du Code électoral ivoiriens, il devrait tirer sa révérence, s’il était un homme d’honneur. Que nenni ! Il demeure bel et bien à son poste. Il a même été décoré pour service rendu. Que peut-on espérer d’un tel administrateur électoral ? Ensuite, le bureau même de la CEI postélectorale : quasi à une seule et unique teinte ! Tout les pro-Gbagbo et représentants du pouvoir ivoirien de 2010, déjà largement minoritaires du fait des accords de Tshwane (Pretoria) et de Ouagadougou, vont être éjectés ou remplacés au sein de la structure par des proches de Ouattara.
Entre temps, tous les représentants de l’opposition d’alors, composée du PDCI-RDA, du RDR, du MPCI, du MJP, du MPIGO (les trois milices armées regroupés sous l’appellation «Forces Nouvelles» par la Chiraquie), du PIT, du MFA et de l’UDPCI ont conservé leurs postes. Quand on a clamé sur tout le pourtour de la terre qu’on est «démocrate», reconsidérer ces dispositions, dans un souci évident de justice et d’équité, est d’une trivialité désarmante ! Mais monsieur le nouveau chef de l’Etat n’en a cure et se sert de l’accord de Pretoria comme échappatoire pour justifier l’injustifiable. Gbagbo l’aurait fait que la planète entière s’en serait émue, tant les médias pro- Sarkozy, soutiens indéfectibles de Ouattara, l’aurait ameutée, et même que le ciel serait tombé sur la tête des Ivoiriens.
Quand on a traité les autres de «dictateurs », il faut soi-même montrer patte blanche, si on veut rester crédible et ne pas passer pour des êtres vils. Le pouvoir Ouattara n’a pas même l’élégance de cacher un tantinet son jeu en associant ses adversaires politiques à la discussion, à la concertation – fût-elle de façade – et en relevant un tant soit peu la représentativité de l’opposition actuelle qu’assurent La Majorité Présidentielle et LIDER, le parti du président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Gbagbo a concédé beaucoup ! Il a même fait rentrer d’exil, formalisé le statut d’anciens Président et Premier ministre, payé, logé et blanchi ses adversaires d’alors, aujourd’hui au pouvoir et se délectant sans retenue de l’ivresse du trône et de la puissance qu’il confère. Il leur a donné, au nom de la paix et des accords y afférents, la majorité dans une commission électorale qu’il a véritablement rendue indépendante.
A son tour, on ne lui a rien concédé. Pas même le droit d’être assigné à résidence chez lui avec son épouse, son fils, Michel Gbagbo et d’avoir droit aux visites de ses proches. C’est avec raison que le FPI, le parti du président Laurent Gbagbo, menace de se retirer des futurs scrutins. Il n’a que trop raison. Les dés sont déjà pipés. Une CEI à une seule coloration, présageant clairement le retour au parti unique, qui ne semble pas émouvoir les donneurs de leçons internationaux et tous les loups qui hurlaient en Côte d’Ivoire contre Gbagbo, «le dictateur». La «technologie électorale» RHDP est en marche. Les résultats sont connus d’avance. Comme l’a si bien dit un homme politique ivoirien : «Autant nommer les députés», pour faire économiser de l’argent à l’Etat de Côte d’Ivoire !
Le nouveau courrier
Fri, 16 Sep 2011 09:37:00 +0200
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