“Je pense que Claude Guéant, comme autrefois Dominique de Villepin, s’est trompé sur les apparences et la réalité de Robert Bourgi”, estime Jean-François Probst. “Bourgi est un affairiste qui n’aime que l’argent, roule en Ferrari, une espèce de bling-bling en balade”.
Pour l’ancien conseiller de Jacques Chirac, “Claude Guéant, un petit peu naïf par moment, ce qui est paradoxal chez un homme d’une très grande rigueur, a cru que Bourgi avait quelques compétences en Afrique”. Jean-François Probst est apparemment convaincu que “Claude Guéant a du vouloir faire une “manip” un petit peu subtile, en coulisses, mais quand on manipule un éléphant comme Bourgi dans un magasin de porcelaine…“
Sur l’influence de Robert Bourgi en Afrique, Jean-François Probst, en fin connaisseur de ce continent, émet également de sérieux doutes. “Dans toute les capitales africaines, Bourgi est devenu totalement indésirable car tous les mystificateurs finissent un jour par apparaître ce qu’ils sont vraiment”. Jean-François Probst regrette que le ministre de l’Intérieur ait pu croire “que Bourgi avait une omniscience en voulant se faire passer pour le successeur de Jacques Foccart (ndlr : personnage central dans la création de la Françafrique), alors que ce dernier, avant sa mort, ne voulait plus jamais voir Bourgi et avait même donné des instructions pour qu’il ne soit pas à ses obsèques.”
"Bourgi s’est suicidé à jamais”
Toujours proche de l’ancien président de la République, Jean-François Probst trouve “goujat de tirer également sur l’ambulance de Chirac” et estime que, par ses déclarations, “Bourgi s’est suicidé à jamais”.
Pour cet observateur iconoclaste de la vie politique française, “pendant des années, il n’y a pas que Chirac et Villepin qui auraient reçu des subsides d’Afrique”. Selon lui, “l’UDF et le PS n’étaient pas en reste pour avoir des rétro commissions en provenance du Congo, du Gabon ou de Côte d’Ivoire.” Il a également gardé en mémoire “qu’avant de mourir, Omar Bongo avait dit avoir soutenu financièrement et de façon lourde la candidature et l’élection de Sarkozy en 2007”, rappelle Jean-François Probst qui se souvient avoir vu ensuite “Sarkozy lui remettre 40 millions de dollars de dette du Gabon”. “En terme de rupture, on fait mieux”, déplore l’ancien conseiller chiraquien.
Mais au bout du compte, Jean-François Probst reste persuadé que pour faire des révélations semblables à celle de Robert Bourgi, “il faut du doigté”, sinon, affirme-t-il, “on a l’air d’un con ou d’un fou”. Et pour lui, en quarante-huit heures, “Robert Bourgi a fini par être tellement fou, qu’il a rendu service à Marine Le Pen”.
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Thu, 15 Sep 2011 23:59:00 +0200
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