« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire : Une commission électorale « maudite »

Encore traumatisée par les violences post-électorales de 2010-2011, la Côte d’Ivoire est menacée par une nouvelle crise politique à un an de la présidentielle. Une fois encore, la commission électorale ivoirienne (CEI) pose problème. En cause : la reconduction samedi dernier de son président Youssouf Bakayoko à la tête de l’instance électorale depuis 2010. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin et suspendu leur participation à la nouvelle CEI. Le Front populaire ivoirien, parti de l’ancien président Laurent Gabgbo avait lancé les hostilités en réunissant un comité central pour trancher sur son maintien au sein de la CEI, les débats ont même viré au pugilat entre deux cadres du parti sous l’oeil désabusé de son président Pascal Affi N’Guessan. Le FPI et ses alliés de l’Alliance des forces démocratiques (AFD) exigent la mise en place d’un « bureau consensuel ».

La crédibilité de la CEI en question

Le FPI réclame également la présidence de la CEI et aurait même le soutien du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Le parti d’Henri Konan Bédié y serait favorable car en 2010, le FPI de Laurent Gabgbo avait laissé le poste à un membre du PDCI, Youssouf Bakayoko lui-même. Mais le PDCI n’est pas le RDR, le Rassemblement des républicains dévoué à l’actuel président Alassane Ouattara. La formation présidentielle au pouvoir serait formellement opposé à laisser les rennes de la commission électorale indépendante à un cadre du FPI.
Pour faire face à la fronde et tenter de calmer les esprits, le président de la Commission électorale indépendante ivoirienne Youssouf Bakayoko s’est voulu rassurant sur le rôle de son institution dans un communiqué publié ce jeudi à l’issue de la première réunion du Bureau central de la CEI. Il promet des élections en 2015 selon « les standards internationaux » et des ajustements juridiques. Une impartialité affichée difficile à croire pour l’opposition. A ses yeux, Youssouf Bakayoko reste celui qui a annoncé la victoire d’Alassane Ouattara au détriment de l’ancien président Laurent Gbagbo qui s’est refusé à reconnaître les résultats de la dernière élection présidentielle.
Lire la suite

Mon, 15 Sep 2014 12:21:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

1 mois ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.