Dans ses premières déclarations, le nouveau pouvoir a donné des gages à la communauté internationale, à savoir le respect de l’accord de Libreville du 11 janvier dernier et l’organisation d’élections libres et démocratiques dans un délai de trois ans. Mais cela n’a pas empêché la vague de condamnations qui s’abat depuis lors sur la coalition rebelle.
Autant l’on peut douter des intentions affichées par les putschistes, autant la condamnation tous azimuts de la communauté internationale semble n’être que du bout des lèvres. Que ce soit la France, les Etats Unis ou l’Union européenne, la condamnation du coup d’Etat s’est limitée à un juste rappel à l’ordre dans le pays, et au respect de l’accord de Libreville. Concernant le premier point, les puissances étrangères s’inquiétaient plutôt des pillages dont la capitale Bangui est victime depuis l’entrée des rebelles.
Quant au respect de l’accord de Libreville demandé par ces pays occidentaux, cela semble paradoxal dans la mesure où cet accord est sans objet depuis que l’une des parties signataires à savoir le régime de Bozizé a été écarté du pouvoir. Seules l’Union africaine et l’Organisation Internationale de la Francophonie ont condamné de façon plus véhémente le putsch et décidé de suspendre la Centrafrique de participation à leurs activités. Cette condamnation assez molle des puissances occidentales reflète un certain agacement de ces pays à la fois face au double jeu de Bozizé, dans l’application de l’accord de Libreville, mais aussi de son incapacité à traduire dans les faits une véritable politique de réconciliation nationale.
Pendant ses 10 ans de règne, l’ex- N01 centrafricain a répété les mêmes erreurs que ses prédécesseurs en refusant un dialogue sincère avec ses opposants. Contraint il y a deux mois à une cohabitation avec ses adversaires politiques, l’ex- président a cru pouvoir ruser avec ces accords en les appliquant au gré de ses intérêts. S’il s’était arrêté là, sa chute aurait été moins rapide, mais Bozizé attisait à travers les médias qui lui sont proches, une véritable haine contre ses opposants. Cette politique qui risquait d’embraser un pays déjà très instable a fini par perdre ce Général qui aura pourtant vécu la chute de plusieurs ex-dirigeants de son pays notamment Bokassa, Kolingba, et Patassé, pour pratiquement les mêmes raisons.
Charles d’Almeida in L’Inter
Tue, 26 Mar 2013 09:18:00 +0100
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