Que peut faire Duncan ?
Qu’est-ce que le retour de Duncan augure pour la Côte d’Ivoire ? En d’autres termes, que peut faire Daniel Kablan Duncan, ancien premier ministre de Bédié et aujourd’hui chef de gouvernement sous Ouattara ? Ceux qui attendent que Duncan II réussisse à présenter un résultat se mettent le doigt dans l’œil. Pour deux raisons. La première raison est qu’il aurait fallu que les prédécesseurs aient trouvé la «solution». La seconde est que le pouvoir Ouattara est un régime sans maître où tout le monde fait la loi. Pour y réussir une action, il faut avoir une emprise sur l’armée des ex-rebelles, des mercenaires et des milices armées du pouvoir qui, en réalité, font la pluie et le beau temps. Pour régler la question de la sécurité, il faut mettre en place une armée républicaine. Cela implique d’écarter la colonie de dozos entremêlés aux forces reconnues, d’extirper de l’effectif de l’armée tous les anciens prisonniers, ex-rebelles et autres miliciens et mercenaires ramassés sur le tas pour participer au renversement du président Laurent Gbagbo. Il convient aussi de laisser les forces de police et de gendarmerie jouer librement et armées leur rôle régalien. Cela revient à reconsidérer la vision qu’Alassane Ouattara et Hamed Bakayoko ont des forces de défense et de sécurité. ça équivaut, pour le régime actuel, à faire confiance à la police et à la gendarmerie. A cesser de voir ces agents de l’Etat en potentiels déstabilisateurs du pouvoir actuel. Le volet social de ce qui attend Duncan II est tout aussi compliqué que la question sécuritaire. Il s’agit de la question de l’emploi. De ce point de vue, la tâche ne sera pas aisée pour «l’ancien» qui devra faire face à une administration engluée dans le rattrapage ethnique et la corruption exacerbée depuis bientôt deux ans. Car pour s’imposer à une telle administration, il faut être du milieu. Il faut avoir le coffre de quelqu’un qui peut bouleverser les habitudes d’une gouvernance basée sur l’ethnie (celle d’Alassane Ouattara) et le favoritisme. Par ailleurs, les Ivoiriens ont eu le temps de pratiquer Kablan Duncan sous le règne de Konan Bédié. Ils se souviennent des prévisions de croissance de Duncan. Elles n’avaient jamais impacté sur le pouvoir d’achat des ivoiriens. Plus la croissance était élevée, plus le coût de la vie était insupportable. Les Ivoiriens estiment aussi que Duncan doit être solidaire de l’échec d’Alassane Ouattara, Premier ministre de feu Houphouët. Vu les circonstances dans lesquelles Kablan Duncan a été nommé Premier ministre et son passé émaillé d’échecs à ce même poste, on peut aisément douter que Duncan présente un «résultat».
Koulibaly Doucy – in NOTRE VOIE
Wed, 28 Nov 2012 10:13:00 +0100
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