« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Dérives incroyables à l’Onuci : Les Dozos traités comme une armée régulière

En Côte d’Ivoire, on verra toutes les aberrations. Surtout avec le soutien par des instances officielles telles que l’Onu, à des criminels impénitents du genre les Dozos-cannibales. «Pour éviter qu’ils (Dozos) se rendent coupables de graves violations des droits de l’Homme, la Division des droits de l’Homme de l’Onuci a initié des cessions de formation au respect et à la prévention des droits humains à leur endroit». Tel est l’aveu effarant de Kadidia Ledron, porte-parole de l’Onuci, selon notre confrère «Nord-Sud» No2219 du vendredi 23 novembre 2012. L’Onu forme donc les chasseurs traditionnels Dozos, milice dangereuse du Rdr, devenus de grands criminels doublés du cannibalisme au malheur des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, en même temps que les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme leurs collègues ou frères d’armes, pour rester dans le jargon militaire. Et les modules de formation ont porté sur la résolution 2062 du Conseil de sécurité de l’Onu. Ce qui signifie clairement une bénédiction parfaite des Nation-unies. Mais à quel titre l’Onuci a-t-elle décidé de former les dozos ? Et pourquoi en même temps que les Frci ? Les dozos ne sont ni policiers, ni gendarmes, ni militaires, ni douaniers, ni agents des Eaux et Forêts. Ils ne sont rien de tout ça. Ils ne sont que des chasseurs traditionnels, devenus miliciens au service du Rassemblement des Républicains. Les milliers de civils morts à Duékoué en mars-avril 2010, les centaines de morts à Duékoué le 20 juillet 2012 pendant la destruction du camp de réfugiés de Nahibly, sont en grande partie du fait des Dozos, en association avec les Frci et les militants du Rdr de la ville. Le régime de Ouattara continue de traquer les jeunes patriotes taxés de miliciens pro-Gbagbo et des centaines d’entre eux sont portés disparus et d’autres croupissent dans des camps de torture. Mao Glofiéi, chef des groupes d’autodéfense, père de famille, est battu à sang, en prison. Sa photo, où il a été mis mu, est balancée sur Internet, avec ses attributs désacralisés ! Son crime, avoir protégé des Ivoiriens que cette milice Dozo voulait exterminer. Pendant ce temps, ces mêmes Dozos continuent d’endeuiller impunément la Côte d’Ivoire. Des charniers et fosses communes ne cessent d’être découverts à Duékoué. Tout cela, au vu et au su de l’Onuci qui les a même laissé massacrer les populations de Nahibly. Mais alors que ces tueurs sont attendus à la Cpi, où se trouve dans un monde de droit leur place, pour répondre de leurs primes projetés par le régime du Rdr, l’Onuci franchit le rubicon de son soutien à l’imposture, en formant les Dozos aux règles des droits de l’Homme. Le faisant, l’Onu même se met résolument du côté des terroristes, non respectueux de la valeur de vie humaine. Parce qu’elle les met sur le même pied qu’une force légale, comme les Frci qui reçoivent avec ces chasseurs traditionnels, la formation selon des modules du Conseil de sécurité de l’Onu. Si l’Onuci est convaincue que les Dozos ont commis trop d’atrocités et de crimes, en clair, trop de violations de droits de l’Homme, pourquoi ne constitue-t-elle pas un dossier responsable pour les traduire devant les tribunaux compétents, afin qu’ils répondent de leurs actes ? Pourquoi son souci n’est pas de rendre justice, mais de former ces criminels qui n’ont même pas payé pour le tort causé à la société ? N’est-elle pas en train d’encourager au crime massif et gratuit ? Lorsqu’on arrête un brigand, un voleur ou un criminel, le conduit-on en prison ou dans une école de formation ? Mais la loi et même le bon sens veulent qu’un tueur se retrouve en prison et non dans les grâces d’une institution comme l’Onu censée protéger la vie humaine. On comprendrait l’Onu, si ces Dozos qui endeuillent la Côte d’Ivoire depuis l’avènement de Ouattara au pouvoir, avaient fini de payer pour leurs crimes. Alors, au sortir de prison, ou même pendant leur séjour carcéral, ils pouvaient bénéficier d’une formation pour leur inculquer la valeur humaine. Mais pas avant qu’ils ne prennent conscience de l’horreur qui leur pendra au nez ! Que l’Onu s’acharne, en complicité avec le régime Ouattara, sur les seuls pro-Gbagbo pour les envoyer en prison, et forme les Dozos, cela laisse supposer un plan contre les populations ivoiriennes, dans les zones cacaoyères. Parce que nous savons que les puissances occidentales ne reculeront devant aucune guerre, aucune cruauté pour obtenir le cacao de leur indispensable chocolat. Dommage.

Germain Séhoué in Le Temps

Sat, 01 Dec 2012 04:04:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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