« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

District du Zanzan / Promesses lors de la Visite de Ouattara : Les populations entre désenchantement, désespoir et regret

«Vous avez dit visite d’Etat ? Non, dites plutôt qu’Alassane Ouattara est déjà en campagne pour les échéances de 2015. Il est venu dire aux populations que les promesses faites ne pourront pas être tenues si elles ne lui donnent pas un deuxième mandat. Voyez-vous mêmes. Sur 450 milliards de Fcfa promis pour notre district en matière d’investissement, seuls 7 milliards de Fcfa sont investis. Mais au regard de ce qui est fait, la continuité de l’Etat aidant, sont en réalité les acquis de Laurent Gbagbo. En plus, sa méconnaissance des réalités de la région a fait qu’il s’est appuyé sur des personnes qui l’ont fait commettre beaucoup d’impaires et ont réveillé de vieux conflits qu’on commençait à oublier» fait remarquer un observateur averti de la scène politique régionale. Car de Bouna à Bondoukou en passant par Doropo, Tehini, Nassian, Sandegué Transsua Kounfao et Tanda, Alassane Ouattara est resté égal à lui-même durant ce périple de quatre jours dans le district du Zanzan: l’Homme des promesses. Au point même où ses propres affidés s’interrogeaient sur l’opportunité de cette visite d’Etat. Pourquoi donc tout ce parcours pour faire encore des promesses à tout un peuple qui n’attendait que la matérialisation de ses attentes que lui-même a budgétisées en vue de sortir le district du Zanzan de sa léthargie ? La grand messe de clôture du vendredi 30 novembre 2012 au stade Ali Timité de Bondoukou, tant attendue pour enfin entendre l’annonce des grands chantiers de développement pour les peuples du district du Zanzan a été une symphonie inachevée. Entre désespoir et regret pour tout un peuple qui ne pouvait contenir sa douleur, les visages marqués par l’amertume, les populations sont retournées à la fin de la rencontre dans un silence de cathédrale avec ces interrogations, comme l’exprime dame Ouattara Korotoumou, cadre du zanzan : «Pourquoi cela n’arrive qu’à nous seulement ? Qu’avons-nous fait à Dieu pour mériter ce triste sort ?». Puis un grand soupir. «Il aurait pu économiser tout cet argent de la visite pour nous aider à résoudre certaines de nos attentes. Si c’est pour distribuer des véhicules aux corps préfectoraux, son ministre de l’Intérieur pouvait le faire. Dire qu’en 18 mois de pouvoir, c’est seulement 7 milliards sur 450 milliards d’investissements qui sont réalisés, je doute fort qu’avant la fin de son mandat, ils arrivent à atteindre l’objectifs fixés. Mais où sont donc les réalisations faites par ces 7 milliards d’investissements ? Moi, je ne vois rien», s’indigne Kra Kouassi Pacôme, membre de la société civile. A vrai dire, cette visite dans le district du Zanzan n’a pas répondu aux attentes des populations. Un district qui a subi les affres du règne du Pdci –Rda et des ambitions d’Alassane Ouattara qui ont empêché Laurent Gbagbo de redonner vie à cette partie de la Côte d’Ivoire à travers sa politique de décentralisation. «Si Alassane n’a pas de réponse pour nos nombreuses attentes, qu’il s’inspire des grandes orientations que Laurent Gbagbo a déjà définies pour nous à travers le plan de développement stratégique et de réduction de la pauvreté élaborée par feu Bohoun Bouabré et qui ont valu à la Côte d’Ivoire d’atteindre le point d’achèvement à l’initiative des pays pauvres très endettés . Nous ne demandons que son application. L’anacarde, l’exploitation du manganèse, la cherté de la vie, l’insécurité galopante ainsi que la pauvreté qui s’accentue qui sont nos préoccupations au quotidien, Alassane Ouattara m’a déçu en ne donnant même pas des réponses à toutes ces préoccupations posées», s’afflige Ouattara Issouf, président d’un mouvement de jeunesse du Zanzan. Malheureusement, au lieu d’actions concrètes, c’est un autre discours qui est délivré. «Ce qui nous écœure pour nos attentes, on nous parle de livre blanc. Les livres blancs, on n’a que faire. Il faut que le président pense à appliquer simplement le plan de développement. C’est regrettable et je suis désolé». Ce cri de cœur d’Alliagui Soumaïla président des jeunes de Soko et membre du Rjr de Bondoukou, traduit l’amertume des populations qui vivent et broient du noir depuis l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir. Comme le soutiendra aussi Touré Souleymane, député de Bondoukou, «le District du Zanzan a besoin d’un plan Marchal et d’un traitement de choc pour atteindre le plein développement. Plus que jamais, les enfants Du District du Zanzan doivent comprendre que seule leur unité peut aider leur district à sortir de ce cercle vicieux de dépendance qui les conduit dans les profondeurs de l’abîme». Au lieu de s’entredéchirer pour quelqu’un qui ne se soucie pas de leurs malheurs.

Pascal Assibondry in Le Temps

Mon, 03 Dec 2012 05:33:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.