« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Ebola: les singes de compagnie indésirables en Côte d’Ivoire

Les cages peintes en vert sont remplies d’animaux mais interdites aux visiteurs : depuis des semaines, l’espace de quarantaine du zoo d’Abidjan affiche complet, de nombreux particuliers abandonnant leurs singes de crainte d’attraper le virus d’Ebola, pourtant absent de Côte d’Ivoire.

Ils sont cinq à gesticuler dans un brouhaha joyeux. Aucun n’a le virus, affirme l’encadrement. Mais l’isolement est d’usage pour éviter toute contamination infra-animale.

Julie, chimpanzé de 2 ans, gambade, pataude, en quête de caresses. Charlotte, babouin roux, bondit frénétiquement. Loulou, pétauriste gris au ventre et nez blancs, demeure assise, stoïque sur un bâton. Deux autres mâles, à qui on n’a pour l’instant pas donné de nom, sautillent inlassablement.

Le plus jeune, un petit singe rouge, qui doit mesurer une trentaine de centimètres, est arrivé début septembre au zoo. Son cas est emblématique de la psychose provoquée par Ebola en Côte d’Ivoire, un virus qui a fait chez les voisins libérien et guinéen près de 1.800 morts.

Daouda Soro, le vétérinaire du zoo, se souvient de s’être rendu en hâte à l’hôpital militaire d’Abidjan, où "un animal semait la panique", pour trouver sur place "un tout petit (singe) qui avait sommeil, qui grelottait de faim". "C’était surtout Ebola qui créait la panique", estime-t-il.

Charlotte, elle, a été abandonnée en pleine rue par son propriétaire. Averti par des passants, le Dr Soro s’est rapidement rendu sur place, retrouvant le babouin acculé par des habitants "affolés", munis de "pierres et de bâtons", qui "voulaient le tuer", raconte-il.

Trois semaines plus tard, la femelle de trois ans se porte mieux. A nouveau en confiance, elle s’essaie à épouiller le dos de Charles Aby Yapi, un soigneur.

Les nouveaux arrivants "ne sont pas agressifs", sourit M. Yapi, seul employé habilité à s’occuper des animaux en quarantaine. Lorsqu’il entre ou sort des cages, le soigneur, muni de gants, désinfecte systématiquement ses bottes dans une sorte de pédiluve.

Car même s’ils n’ont pas Ebola, les pensionnaires arrivés en août pourraient avoir d’autres maladies et contaminer les occupants arrivés avant eux, et vice-versa.
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Tue, 16 Sep 2014 20:17:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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