La perte de l’influence
L’autre danger qui guette le Front populaire ivoirien par un éventuel boycott des joutes électorales à venir, c’est la perte ou la baisse de l’influence des cadres du parti dans leurs régions. Ce qui pourrait occasionner le recul de l’implantation du parti dans ces localités. Généralement, les populations sollicitent les élus (députés, maires, présidents de conseils généraux) en diverses occasions (mariages, baptêmes, décès, soins de santé, etc.). Mais comme les élus du FPI ne seront plus là pour faire face aux nombreuses sollicitations des populations, celles-ci seront enclines à demander la mansuétude des élus des autres partis politiques. Et en signe de reconnaissance, elles pourraient changer de formations politiques et/ou voter pour ces partis ou leurs candidats au cours des futures échéances électorales. En outre, les élus prennent souvent la parole lors des grandes réunions des collectivités locales (mairies, conseils généraux, régionaux) ou de manifestations diverses (cérémonies de réjouissances, réunions de chefferies traditionnelles, dons de partenaires au développement, etc.). Parfois, ces tribunes servent à faire l’éloge des partis politiques et des actions menées par leurs représentants et à gagner de nouveaux militants ou élargir leurs bases électorales. Le FPI pourrait manquer ces occasions de promotion s’il se met en retrait de la vie politique nationale.
Un autre risque – et non des moindres – encouru est l’assèchement des caisses du parti. Déjà que les comptes de plusieurs dignitaires et haut cadres du FPI son gelés, on mesure à quel point les ressources financières pourraient se faire de plus en plus rares si les élus, notamment les députés, ne participent plus aux charges de fonctionnement du parti. Et même si actuellement la loi sur le financement des partis politiques sur fonds publics est mise en veilleuse, rien ne dit qu’elle ne sera pas remise au goût du jour après la mise en place intégrale des nouvelles institutions du pays. Le Front populaire ivoirien pourrait donc, s’il n’y prend garde, se priver de cette importante manne financière publique (sous Laurent Gbagbo, les trois principaux partis politiques du pays, à savoir le PDCI-RDA, le FPI et le RDR empochaient chacun près d’un milliard de FCFA par an). Et partant, se faire hara-kiri s’il ne participe pas aux prochaines élections législatives.
Anassé Anassé in L’Inter
Fri, 23 Sep 2011 07:58:00 +0200
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