« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

En partance pour le Moronou / Affi N’guessan aux militants du FPI : ‘‘Disposons nos cœurs à la réconciliation car Dieu ne donne rien à celui qui a le cœur noir, qui a la haine’’

A peine a-t-il pris les commandes du Front populaire ivoirien que Pascal Affi N’guessan se lance dans une tournée de mobilisation. En partance dans sa région natale, le Moronou, Affi N’guessan a été pratiquement happé par les populations Attié, depuis Azaguié jusqu’à Agbahou, en passant par Miadzin, Moapé, Ananguié et Ahouabo. Le président du FPI accompagné du ministre Amani N’guessan et d’autres cadres de son parti, a remercié ses parents Attié pour la chaleur de leur accueil. "Je vous dis merci pour cet accueil enthousiaste et chaleureux, celui qu’on réserve à un frère qui revient de loin. Je reviens vraiment de loin, non pas à cause de la distance, mais par rapport à l’angoisse qui nous a gagné à partir du 11 avril 2011 quand la bourrasque est tombées sur nos têtes. Il y en a parmi nous qui ont fui, certains sont encore en prison et d’autres sont en exil. Aujourd’hui, les prisons s’ouvrent lentement, sûrement et progressivement. Ceux qui pensaient que le FPI ne se réveillerait jamais, c’était ignorer que notre parti est incassable et indestructible. Le FPI est un esprit qui reste vivace, un sentiment qui anime les cœurs des Ivoiriens. Les prisons, les cachots ne peuvent affecter l’amour que les Ivoiriens ont pour Laurent Gbagbo et le FPI. Je suis devant vous parce que vous y avez pensé très fort et vous avez prié pour que les exilés reviennent et Laurent Gbagbo sorte de prison. Vous avez réalisé un miracle qui va se poursuivre avec la libération de tous les autres prisonniers et comme un cadeau de Noël, le retour de Laurent Gbagbo mais surtout le retour du FPI aux affaires en 2015", a dit Affi N’guessan à ses militants. Pour accueillir le président du FPI, les militants, arboraient des pagnes et des tee-shirts à l’effigie de Laurent Gbagbo. A l’escale d’Agbahou, village situé à environ quatre kilomètres d’Akoupé, Affi N’guessan a exhorté les militants du FPI à disposer leurs cœurs à la réconciliation et au pardon parce que, reconnaît-il, "le pays est trop divisé". "Merci de n’avoir pas oublié Laurent Gbagbo et ses compagnons. Je vous demande de continuer de prier parce que beaucoup de nos camarades sont encore en exil: le ministre Yapo Atsé Benjamin est en exil, Léon Monnet Emmanuel, Ohouochi Clothilde aussi, parce qu’ils ont choisi de marcher avec Laurent Gbagbo, ils ont choisi de marcher devant vous pour frayer le chemin du développement et du progrès. Mais aujourd’hui quand vous regardez la manière dont la Côte d’Ivoire est gérée, vous devez être fiers et vous dire que vous n’avez pas choisi le mauvais chemin, parce que ce que Gbagbo a fait est mieux que ce que nous voyons. Vous ne vous êtes pas trompés quand vous avez décidé de suivre Gbagbo, parce qu’après lui et le FPI, il n’y a rien d’autre. Sachez que comme nous marchons dans la vérité, Dieu est avec nous et c’est parce qu’il est avec nous que malgré la taille des cadenas, des clés et des portes qui ferment les prisons, la prison s’est ouverte et je suis aujourd’hui avec vous (…) pour que nous allions à la reconquête du pouvoir, pour que nous travaillions à ce que Laurent Gbagbo et tous nos frères reviennent, pour que nous travaillions à gagner les élections qui arrivent en 2015. Soyez confiants, mais il y a un travail important que nous devrions faire d’ici aux élections, c’est la réconciliation. Nous avons besoin de réconciliation parce que le pays est trop divisé. Il faut que nous préparions nos cœurs à la réconciliation. C’est une obligation. Aujourd’hui, ceux qui nous ont martyrisés et persécutés ont des problèmes, nous aussi nous avons des problèmes. Quand ils nous voient ils ont peur, parce qu’ils savent ce qu’ils nous ont fait. Quand nous aussi on les voit, on a peur d’eux parce qu’on sait de quoi ils sont capables. Mais on est tous là, on se regarde et on ne peut pas parler. Ce n’est pas bon, donc il faut qu’on se libère tous, qu’on se mette ensemble, main dans la main pour aller à la réconciliation. Si nous ne préparons pas nos cœurs, Dieu ne nous donnera rien, parce qu’il ne donne rien à celui qui a le cœur noir, qui a la haine", a insisté Affi N’guessan devant ses beaux-parents (son gendre vient d’Agbahou). Cette première journée de la tournée du président du FPI a pris fin à Akoupé, le mardi 10 septembre 2013.

Olivier Dion, envoyé spécial
In L’intelligent d’Abidjan

Wed, 11 Sep 2013 11:00:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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