Le chef suprême des armées, Alassane Dramane Ouattara aura du mal à convaincre les Ivoiriens du sens républicain des Frci. Sa nouvelle armée dite républicaine se croit au dessus des lois qui régissent la République. Chaque jour, les Frci se rendent coupables des actes de grand banditisme soutenus par la haine tribale. Il y a aujourd’hui des groupes ethniques qui sont étiquettes et qui sont objet d’acharnement des Frci. Cette force en a donné la preuve à 4h du matin du mardi 28 août au domicile de Zogoué Abié Célestin à Yopougon – Académie . Zogoué Abié, âgé de plus de 60 ans, sa mère, son épouse, ses enfants, le gardien et les servantes ont tous été ramassés par les Frci et déportés dans leurs camps au km 17 et à la Bae. Une soixantaine d’éléments des Frci se sont introduits dans son domicile en escaladant la clôture à 4h du matin. Après avoir tiré des rafales, le doyen Zogoué Abié et son épouse sont tirés de leur chambre, violant leur intimité avec une brutalité propre de grands faiseurs de holdup. Pendant que le père de famille est tenu en respect par 4 soldats, les autres membres de la famille sont couchées dans le jardin sous la menace des kalach. Des chambres au salon en passant par les douches, wc, cuisine, tout est passés au peigne fin. Les lits, matelas, placards, armoires, buffet, table à manger sont jetés en vrac comme si personne n’a jamais vécu là. Les moustiquaires, ordinateurs et que sais-je, traînent partout et une vue de l’intérieur de la résidence laisse un sentiment d’amertume. Les militaires qui disent chercher des armes font curieusement main basse sur les biens. Ainsi, en lieu et place des armes, ce sont les bijoux, portables et argent qui sont arrachés et emportés par les militaires «républicains» de Alassane Dramane Ouattara. Le zèle et l’acharnement se disputent. «Où sont tes 2 garçons qui ont fait la campagne de Gbagbo?», demandent-ils au maître des lieux. «Tu fais des réunions politiques chez toi ici», affirment, tous menaçants les mêmes Frci. Qui assimilent les réunions du Fpi à des préparations de coup d’Etat. Comment toute une maisonnée, du gardien au père de famille en passant par les servantes, peut-elle faire un coup d’Etat ? Après une journée entière passée aux mains des Frci, la famille a été libérée au terme d’âpres négociations sans remettre les objets, argent et téléphones volés. En effet, il ressort de nos investigations que les Frci sont toujours alertés par des militants du Rdr afin de sévir contre ceux qui sont étiquetés pro-Gbagbo. Partant de ces accusations farfelues, on comprend aisément que faire une réunion du Fpi et animer la campagne de Gbagbo constituent désormais des délits pour lesquels il faut violenter et torturer des familles. Si ce n’est pas de la haine comment peut-on qualifier ces agissements ? Rappelons que cette famille est celle de Dr Hervé Zogoué, ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud sous Gbagbo, mais débarqué au nom de la politique de rattrapage du pouvoir actuel. Donc une famille considérée pro-Gbagbo. En outre, la famille Zogoué est du même groupe ethnique et de la même sous-préfecture (Ouragahio) que le président Laurent Gbagbo. La raison de la descente guerrière des Frci contre cette famille réside dans des considérations politiques et ethniques. C’est le drame que vivent les Ivoiriens depuis le déversement des Frci sur tout le territoire national.
Benjamin Koré in Notre Voie