Une autre pratique peu recommandable serait de cautionner la libération des personnes arrêtées par le paiement d’une somme d’argent, qui varierait entre 100 et 300 000 fcfa, voire 400000 fcfa selon le client, et selon les témoignages. Des formes de racket qui partent ainsi des rapts de personnes dans des quartiers sur simple soupçon ou dénonciation, pour ensuite aboutir à un marchandage de leur libération dans des camps militaires. Plusieurs parents ont déjà alerté notre rédaction pour se plaindre de ces pratiques et attirer l’attention des autorités compétentes. C’est quasi quotidiennement que certains se rendent dans des camps militaires pour s’enquérir des nouvelles ou des délits retenus contre un fils, un mari, un parent, et s’entendre par la suite dire qu’il faut délier la bourse pour obtenir la libération.
UNE AUTRE FORME DE RACKET
Les derniers faits qui nous ont été rapportés à ce sujet remontent au mercredi 12 septembre dernier. Un message (sms : short message sending) qui nous est parvenu était libellé comme suit : « SOS, ils ont pris le père Manizan Kabran Paul de Koitienkro en otage des mains du chef d’Amélékia (dans la zone d’Abengourou ndlr). On ne sait pas ce qu’on leur reproche. Il paraît qu’il s’agit d’un règlement de compte qui remonterait à l’époque de l’identification des populations », précise le sms, émanant d’une personne dont nous taisons le nom pour des questions de sécurité. Selon notre informateur, c’est le chef Sié des FRCI de Nzébénou qui a procédé à l’arrestation de Manizan Kabran. Le chef Sié, que nous avons eu hier lundi 17 septembre 2012 au téléphone en début de soirée, n’a pas souhaité faire des commentaires. Il a toutefois indiqué que selon des informations dont ses chefs hiérarchiques disposaient relativement à des tentatives de déstabilisation, il a été instruit de mettre aux arrêts le dénommé Kabran. Ce qu’il a fait, avant de faire suivre la procédure qui se poursuit actuellement dans un camp militaire à Abidjan. Comme Manizan, elles sont nombreuses ces personnes, connues ou inconnues, qui croupissent dans les geôles de camps militaires de la capitale économique du pays ou ailleurs, accusées à tort ou à raison, d’être mêlées aux attaques ou projets d’attaques visant à renverser le régime du président Ouattara. On ne saurait reprocher aux sécurocrates et autres fin limiers de veiller à la sûreté de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais les procédures judiciaires existent pour traiter des délits et crimes. Les différentes attaques meurtrières de ces derniers jours contre les positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), il faut le noter, avaient fini par exacerber le président Alassane Ouattara. Il avait tapé du point sur la table pour qu’il soit mis fin aux agissements de ces assaillants sans visages. Des mesures vigoureuses avaient été prises par la hiérarchie militaire pour traquer armes et miliciens.
Des perquisitions inopinées devraient se faire dans des domiciles, afin de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui auraient des velléités de déstabilisation. Une initiative louable et salutaire qui, si l’on n’y prend garde cependant, tend à se transformer en une sorte de mafia visant à s’enrichir. Personne n’y échappe. Pas même les ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire, qui ont subi récemment des contrôles d’éléments en armes. Des pratiques qui n’honorent pas le président Alassane Ouattara et qui gênent fortement son régime. Et c’est justement pour mettre de l’ordre que le N°1 ivoirien a mis en place la Police Militaire (PM) dirigée par Koné Zakaria. Pour traquer les faux FRCI et les éléments incontrôlés qui s’adonnent à des actes délictueux. Il est plus que jamais urgent que cette unité de veille mettre fin à cette nouvelle forme de racket qui se passe dans les camps militaires.
Hamadou ZIAO in L’inter
Tue, 18 Sep 2012 03:01:00 +0200
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