AUCUNE CRITIQUE PUBLIQUE D’ACTEURS DU CAMP GBAGBO
Dans le camp Laurent Gbagbo, ce n’est pas tout le monde qui a l’audace et le courage aussi bien de Mamadou Koulibaly que de Paul Yao Ndré. Sans totalement se renier, l’ex-président du Conseil constitutionnel avait affirmé être possédé par le diable, pour expliquer les décisions prises par lui, en son temps. Puis, il a proclamé sans sourciller la victoire d’Alassane Ouattara, près de six mois après avoir fait la même chose pour Laurent Gbagbo. Revendiquant son ancrage dans l’ancien régime, Mamadou Koulibaly, qui avant même la chute du 11 avril 2011, s’était souvent illustré par des critiques qui agaçaient et séduisaient à la fois Laurent Gbagbo, ( laissez Mamadou, il est comme ça, disait souvent l’ex-président face aux critiques dans le parti sur sa liberté de ton, malgré ses responsabilités au sein de l’Etat ), avait néanmoins entrepris de faire revenir à ses valeurs originelles et à ses idéaux de la refondation, quand il en prenait la direction intérimaire après le 11 avril 2011. En dehors de ces deux responsables de l’ancien régime, aucune critique publique, ni aucun regret n’a été formulé sur ce qui aurait pu être la part de responsabilité des anciennes autorités dans la crise que la Côte d’Ivoire a vécue. Pourtant, ce ne sont pas les griefs qui manquent. Ils sont nombreux à avoir nourri des désaccords sur la gouvernance Gbagbo. La solidarité dans le malheur, et dans la souffrance, et surtout l’exigence de ne pas tirer sur une ambulance, poussent à se taire. Toutefois en privé, et même dans des réunions internes, des vérités sont dites. Tel est le sens des confidences de Stéphane Kipré. Si cela pouvait être de plus en plus exprimé, sans que ce soit perçu comme une trahison, ou une offense à Laurent Gbagbo, les acteurs politiques ivoiriens pourraient sans doute avancer dans une normalisation qui pourrait être davantage profitable au FPI, en mettant fin à la situation d’exception, source de tous les abus de pouvoir, au profit du camp Ouattara.
Charles Kouassi in L’Intelligent d’Abidjan
Fri, 02 Mar 2012 11:25:00 +0100
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