« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Fête de la tabaski : Le prix du mouton flambe sur les marchés de bétail d’Abidjan

La communauté musulmane de Côte d’Ivoire célèbre le vendredi 26 octobre prochain, la fête du sacrifice du mouton, appelée Tabaski ou Aïd El Kebir. Une fête populaire qui commémore l’obéissance d’Abraham à Dieu. Comme chaque année, à l’approche de ce grand rendez-vous festif, le mouton se présente comme une denrée assez précieuse, tant les prix connaissent une envolée spectaculaire.

Un tour sur certains marchés de bétail d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a suffi pour s’en convaincre. Les vendeurs de mouton ont revu les prix à la hausse. D’Abobo-Anador à Port-Bouët (le plus important des marchés de bétail), en passant par Adjamé-garage et Attécoubé, le constat est identique.

Selon des clients rencontrés sur le marché de bétail de Port-Bouët, le prix des bêtes qui était naguère de 50.000 francs Cfa est subitement passé à 80.000 voire 100.000 francs Cfa aujourd’hui. Ce qui veut dire que les musulmans doivent faire d’énormes sacrifices pour s’offrir un mouton.

Relativement à cette surenchère, M. Koné Ladji rencontré au marché de bétail d’Abobo-Anador, explique que le croyant musulman ne doit pas trop marchander le prix d’une bête, d’autant plus qu’elle va servir à un sacrifice. « Je sais que le prix du mouton a augmenté. Mais comme c’est un mouton de sacrifice, le croyant musulman ne doit pas perdre trop de temps à discuter le prix. Un sacrifice n’a pas de prix », s’est-il exprimé.

Le mouton totalement blanc est très prisé par la clientèle, au dire de Ouattara Brahima, vendeur au marché d’Attécoubé.

La flambée du prix du mouton, selon plusieurs vendeurs, serait due aux différentes taxes, à l’entretien des bêtes et l’achalandage du marché. Comme l’a signifié Hamidou, vendeur au marché de Port-Bouët.

« D’abord, comprenez que c’est la traite. Nous louons des enclos, payons des taxes à la mairie, à l’abattoir… Et en plus de cela, nous devons payer des herbes pour nourrir le troupeau. C’est tout ceci qu’on répercute sur le prix du mouton. Nous sommes des commerçants et on doit réaliser des bénéfices, tout comme une entreprise commerciale, surtout quand le marché est moins approvisionné. C’est le plus offrant qui a la marchandise », a-t-il déclaré.

Aussi, a-t-il ajouté que certaines personnes ne disposant pas d’endroit adéquat chez elles pour garder leur mouton après l’achat, le font sur place chez le marchand moyennant une somme forfaitaire et passent le récupérer deux jours avant ou à la veille de la fête.

Il convient de souligner que le prix du mouton augmente de jour en jour et ce, au fur et à mesure que l’on avance vers la date du 26 octobre. Comme l’a signifié Kourouma Ali, vendeur de bétail à Williamsville, un quartier populaire de la commune d’Adjamé.

« Dans cette période de traite, chaque jour à son prix. Aujourd’hui, je peux te vendre ce mouton à 75.000 francs Cfa. Demain, je peux le faire à 80.000 ou même 90.000 francs Cfa », a-t-il indiqué.

Narcisse Angan in FRATERNITE MATIN
narcisse.angan@fratmat.info

Sat, 20 Oct 2012 11:43:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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