Persuadé que l’infernale machine judiciaire qui s’était mise en branle contre lui le 19 mars dernier, allait finir par le broyer, il a préféré dire la vérité. «Oui, j’ai détenu 600.000 euros (393 millions de Fcfa) en Suisse» a fini par avouer ce médecin de 60 ans qui a fait fortune dans les implants capillaires.
Pourtant, lorsque le parquet avait annoncé à son encontre l’ouverture d’une information judiciaire pour «blanchiment de fraude fiscale», il avait, tout en remettant sa démission au président Hollande, continué de nier l’existence de ce compte à la banque UBS. Dans un communiqué, il avait réaffirmé son «innocence» et dénoncé le caractère «calomniateur» de l’accusation de Mediapart, le site qui a révélé l’affaire. Hier Jérôme Cahuzac a affirmé avoir menti et a avoué en avoir eu honte. Mais cette repentance tardive ne change pas grand chose au coup porté au gouvernement de gauche.
L’UMP qui ne fait pas pour l’heure des gorges chaudes du scandale, attend certainement de connaître tous les contours de cette sale affaire avant d’acculer son principal adversaire politique. Cette affaire tombe comme du pain béni pour le parti de Nicolas Sarkozy qui pourrait s’en servir pour demander à François Hollande de nettoyer ses propres écuries avant de s’en prendre à son leader. En effet, l’affaire Cahuzac rappelle un peu celle qui vaut aujourd’hui des ennuis judiciaires à l’ex-président français. Il s’agit de l’affaire Liliane Bettencourt qui avait entraîné en juillet 2010, la démission de M. Eric Woerth, ancien ministre du Travail puis du Budget.
Le scandale qui éclabousse aujourd’hui le gouvernement socialiste, même si François Hollande refuse d’être appelé le président socialiste, mais plutôt celui des Français, remonte à une douzaine d’années. Le site Mediapart a diffusé en décembre 2012 un enregistrement datant de fin 2000. Le document était détenu depuis 12 ans par l’avocat Michel Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac. Le parquet a déclaré que quatre témoins ont affirmé aux enquêteurs avoir reconnu la voix de l’ex-ministre du Budget sur le document sonore. Un autre ira plus loin en déclarant aux enquêteurs que les sommes versées sur le compte suisse de M. Cahuzac proviendraient de laboratoires pharmaceutiques. Les fonctions exercées dans le passée par le mis en cause, pourraient corroborer ces révélations.
En effet, l’ancien ministre, chirurgien de formation, avait été de 1988 à 1991 conseiller technique du ministre de la Santé Claude Evin sous François Mitterrand. Après ce passage au cabinet ministériel, Jérôme Cahuzac a été consultant pour cette industrie pharmaceutique qui lui aurait versé de l’argent sur le compte UBS. A en croire toujours Mediapart, le ministre a clôturé ledit compte en 2010 et les avoirs auraient été transférés dans un autre paradis fiscal à Singapour via des montages complexes. Depuis hier Jérôme Cahuzac a été mis en examen.
Charles d’Almeida in L’Inter
Wed, 03 Apr 2013 03:30:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.