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Cheikh Anta DIOP
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France – Affaires des valises africaines, Financement de la campagne de Chirac : Robert Bourgi lave les Wade

‘Je rappelle au Président Wade et à son fils qu’il y a eu deux remises auxquelles ils ont participé l’un et l’autre. Une remise d’un million de dollars qui a été faite par Karim Wade en personne à Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Elysée, en ma présence. Il y avait un million’. Ces propos de Robert Bourgi accusant Me Wade et son fils Karim d’avoir financé la campagne de Chirac ne sont donc que des hallucinations. En effet, entendu jeudi dernier sur le fond devant les enquêteurs de la Brigade financière qui l’ont auditionné quatre heures durant, Robert Bourgi, à en croire le journal Le parisien de ce samedi, ‘n’a que très marginalement modifié sa version’ portant sur les accusations contre cinq chefs d’Etat africains (Me Wade, Laurent Gbagbo, Oumar bongo, Denis Sassou Nguesso, Blaise Compaoré). ‘Il a confirmé l’ensemble de ses déclarations et il a notamment précisé les dates du déroulement de ces faits’, indique son avocat Me Eric Dupond-Moretti. Une précision de taille, écrit le journal citant l’avocat de Me Bourgi : ‘Cependant, Robert Bourgi a admis que, s’agissant de Wade, il s’était trompé.’

Interrogé hier par Rfi, Me Dupond-Moretti tente de sauver les meubles en affirmant que son client était emporté par le flot de l’émotion. ‘Ecoutez, je crois que tout le monde peut se tromper et qu’il y a dans tout ça, comme vous l’imaginez, un peu d’émotion et la démarche d’un homme courageux, d’un homme qui a envie de dire un certain nombre de choses, qui n’est téléguidé par strictement personne. C’est une démarche personnelle, intime. Il s’est trompé et il l’a dit dès qu’il a été interrogé par les services de police. Moi, je suis son avocat, je ne suis pas son psychanalyste ou son psychiatre. Il a été amené dans le flot de l’émotion à dire un certain nombre de choses et il explique qu’il s’est trompé. Je ne peux rien vous dire d’autre. Ensuite, on peut commenter à l’infini, on peut regarder ça avec circonspection, on peut aussi se dire que cet homme a dit des choses sous le coup de l’émotion. Il a dit très clairement aux enquêteurs qu’il s’était trompé. Je ne peux rien vous dire d’autre. Voilà le constat que je fais.’ L’avocat de Bourgi affirme également que son client a maintenu ses déclarations contre les autres chefs d’Etat. ‘Nous n’allons pas tourner vingt fois autour du pot ! Il a confirmé l’ensemble de ses déclarations, à l’exception de ce qu’il avait dit s’agissant des Wade, père et fils’, ajoute Me Dpond-Moretti au micro de Rfi.

Une déclaration qui blanchit donc Me Wade et son fils Karim. Mais, cette reculade, à en croire les proches du chef de l’Etat sénégalais, ne changera rien dans la donne car Me Wade et son fils ont déjà porté plainte contre Bourgi pour diffamation.

Karim Wade avait dénoncé dans un communiqué des ‘affirmations hallucinantes, sorties’ de la ‘seule imagination’ de Robert Bourgi. Non sans annoncer, le 13 septembre le dépôt d’une plainte ‘pour diffamation’ à Dakar et Paris contre l’avocat ‘porteur de valises’.

Le Parisien de souligner, également, que ‘quelle que soit la décision du parquet de Paris, Robert Bourgi n’en a pas pour autant fini. Jean-Marie Le Pen, qu’il a aussi désigné comme un bénéficiaire des remises de fonds occultes, a délivré contre lui une citation directe en diffamation. Et l’Ordre des avocats, qui a ouvert une enquête disciplinaire sur l’avocat Robert Bourgi, devrait prochainement l’entendre.’ Dans un cas comme dans l’autre, renseigne Me Eric Dupond-Moretti, ‘mon client continuera à répondre aux questions qui lui sont posées.’

Pour rappel, Robert Bourgi avait affirmé dans les colonnes du Journal du dimanche il y a quelques jours que ‘par mon intermédiaire, et dans son bureau (Ndlr, celui de Dominique de Villepin), cinq chefs d’Etat africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002’.

On apprend également que la Guinée équatoriale a pour sa part ‘formellement démenti’ ce dimanche 25 septembre, dans un communiqué, les allégations de Robert Bourgi accusant le président Teodoro Obiang d’avoir financé les campagnes présidentielles françaises.

Georges Nesta Diop in afriquejet.com

Mon, 26 Sep 2011 15:42:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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