« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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France : Sénatoriales – Battue, la droite refuse de parler d’un désaveu

Si l’élection du président du Sénat, le week-end prochain, n’est pas encore acquise à la gauche, la défaite de l’UMP, dimanche, aux élections sénatoriales est incontestable. Loiret, Isère, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Oise, Manche, Pyrénées-Orientales…, la liste des départements où la gauche a progressé s’est allongée tout l’après-midi, avec quelques victoires lourdes de sens, parmi lesquelles le gain d’un siège pour la gauche dans les Yvelines, le département du président UMP du Sénat Gérard Larcher, ou encore une victoire très inattendue dans le Morbihan.

Certains observateurs s’amusaient, sur Twitter, dès dimanche après-midi, à tenter d’anticiper les "éléments de langage" que les cadres de l’UMP allaient employer pour expliquer – ou pas – leur défaite historique. Très vite, ils ont eu leur réponse : du député Éric Raoult – sur Twitter, lui aussi – à l’Élysée – dans un communiqué -, en passant par Gérard Larcher et François Fillon, les membres de la majorité qui se sont exprimés dimanche ont, pour beaucoup, présenté leur défaite comme la "conséquence des succès locaux de la gauche". "Au niveau national, ces sénatoriales du 25 septembre ne resteront que la traduction des résultats des dernières élections locales", a par exemple déclaré le député-maire du Raincy. Traduisez : ce scrutin n’a rien à voir avec une quelconque sanction du gouvernement. Deuxième argument imparable : le "troisième tour", à savoir, l’élection du président de la deuxième chambre, n’a pas encore eu lieu, rien n’est fait". "La prochaine majorité au Sénat reste à construire", a lui-même affirmé Gérard Larcher, le président sortant, dans une courte allocution lors de laquelle il a semblé manifestement ému.

"N’en faites pas un triomphe historique" (Gaudin)

Il fallait donc bien minimiser ce que certains qualifiaient déjà de "vague rose". Certains le faisaient avec plus d’aisance que d’autres. Jean-Claude Gaudin, charismatique président du groupe UMP au Sénat, lançait ainsi à un homologue socialiste sur Public Sénat : "Vous avez gagné d’une courte tête, n’en faites pas un triomphe historique !"

À ceux qui à gauche ont vu dans cette victoire un signe pour 2012, l’UMP s’est obstinée à répondre dimanche soir à l’image de la ministre des Sports Chantal Jouanno, fraîchement élue à Paris : "Faire le lien avec les élections présidentielles est encore un peu tiré par les cheveux." Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, qui a dans un premier temps repoussé sa conférence de presse, a même finalement fait mine de jouer les conquérants, essayant de ne pas laisser transparaître le moindre signe de fébrilité : "Il ne faut pas se méprendre", "les vrais rendez-vous sont l’année prochaine", a-t-il affirmé. Et de marteler que la défaite de la droite, qu’il a qualifiée de "déception", mais qui ne constitue pas une "surprise", n’est "en rien un désaveu de la politique du gouvernement".

"Divisions" et "indiscipline"

Mais l’UMP n’a pas hésité non plus à accuser ses "dissidents", sans doute avec un petit peu plus de spontanéité. Et pour cause : l’élection de Pierre Charon à Paris – l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, suspendu de l’UMP, a été élu en face de la liste conduite par la ministre des Sports, qui, elle, perdait deux sièges – aura marqué symboliquement l’élection.

Depuis quelques semaines déjà, l’inquiétude s’était fait ressentir : "Je suis préoccupé par l’importance des listes dissidentes à droite, qui m’inquiètent beaucoup", avait même avoué le numéro un de l’UMP, Jean-François Copé. "Si nous devions perdre, nous le devrions à l’indiscipline de la droite", avait encore averti Jean-Claude Gaudin. Avant de pester : "C’est ahurissant, tout cela parce que certains s’estiment supérieurs aux autres !" Dimanche soir, François Fillon, qui, s’abstenant d’employer le mot "défaite", a évoqué une "forte poussée de la gauche", a expliqué que celle-ci avait été "accentuée par les divisions de la majorité". Mais le Premier ministre a appelé ses troupes au rassemblement avec 2012 en ligne de mire : "Ce soir, la bataille commence."

lepoint.fr

Mon, 26 Sep 2011 15:26:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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