Alors ces chiffres stratosphériques, "c’est trop…", lâche Valls. L’abstention est donnée très haute par les instituts de sondage, le PS craint donc une véritable démobilisation de son électorat. Pour contrer le phénomène, il multiplie les porte-à-porte, mène une campagne hyperactive sur Internet et le candidat poursuit son tour de France jusqu’au dernier jour. Mais Valls avoue une autre crainte : "Le risque de ces sondages est moins l’abstention que la dispersion." Le PS redoute que ses électeurs, pensant les jeux faits, n’offrent leurs voix au premier tour au leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, meneur d’une belle campagne porteuse d’espoirs.
"Aucun sondage n’a fait élire qui que ce soit"
Mercredi matin, à son arrivée dans l’Oise, il faut écouter François Hollande lui-même, avant de rencontrer les salariés d’une entreprise menacée de délocalisation, lâcher sous la pluie : "Je m’inquiète de ces sondages." Et il enchaîne : "Je ne sais même pas si, finalement, ils correspondent à la réalité. Sûrement pas, ils ne sont même pas convergents. Aucun sondage n’a fait élire qui que ce soit, il y a souvent des écarts très importants. Je reste sur ma ligne. Si les Français veulent le changement, c’est maintenant ; s’ils veulent l’alternance, c’est tout de suite, le 22 avril."
Quant à la démobilisation, l’interrogent les journalistes : "Oui, elle est possible. Je vois ce climat qui s’organise, qui se diffuse, la droite y contribue, qui laisserait penser que ce n’est même pas la peine d’aller voter, que la gauche n’aurait même pas à se déplacer."
Cette peur vient de loin, d’une soirée d’avril 2002, où "ce coup de tonnerre" est venu frapper la gauche sans qu’elle le voie venir : Jean-Marie Le Pen au second tour et leurs yeux pour pleurer. "On a quand même des souvenirs ! On a de la mémoire", dit aujourd’hui Hollande. "On sait ce qui était prévu il y a dix ans et qui ne s’est pas produit. Et encore cette fois-ci, on nous ferait le coup ? On nous laisserait penser que c’est dans la poche ? Non ! Ce serait vraiment la meilleure façon de perdre notre esprit de penser que c’est dans la poche…"
lepoint.fr
Wed, 18 Apr 2012 23:43:00 +0200
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