Par Camille Dubruelh
Dernier jour de procès pour cette année 2016. Doucouré Ladji a été interrogé par la défense de Laurent Gbagbo ce matin, et ce, en présence de Charles Blé Goudé. Suite à un malaise hier, l’accusé avait dû quitter la salle pour la journée. De retour ce matin, il a tenu à remercier la Chambre, via son avocat, « d’avoir eu la possibilité de se retirer ». « La santé est essentielle », a répondu le juge-président, avant de laisser la parole à la défense de Laurent Gbagbo.
Ainsi, le dernier témoin de l’année a été interrogé sur les circonstances de la mort de son frère le 16 décembre 2010, lors de la marche sur la RTI. Doucouré Ladji n’était pas sur les lieux au moment du drame et aurait appris la nouvelle au téléphone par un ami de son frère. Ce dernier lui aurait raconté le déroulement des faits. « Bemba m’a dit que, quand les CRS sont arrivés, un vieux s’était mis devant les manifestants. Il voulait protéger les manifestants », avait raconté le témoin dans sa déposition écrite, précisant que le vieil homme était un « mage ». « Bemba a dit que mon frère (…) est passé devant ce vieux et c’est là que les CRS ont tiré », avait-il poursuivi. Apprenant la nouvelle, le témoin se serait ensuite rendu sur les lieux, à Macaci. « Les CRS n’étaient plus là », affirme Doucouré Ladji. Ce dernier a expliqué avoir ensuite transporté le corps au domicile de son frère, à Williamsville, avant de se rendre au commissariat de police.
Plus tard, un corbillard de la morgue d’Anyama serait venu chercher le corps, et ce, alors même que personne ne l’avait appelé. « Ils vous ont dit qui les avait envoyé ? », a demandé l’avocate de Laurent Gbago. « Peut-être la police », a répondu le témoin, précisant qu’il avait fourni l’adresse de son frère aux forces de l’ordre. Selon ses dires, il s’est ensuite rendu à la morgue une première fois, puis une seconde fois environ « un mois plus tard », pour y recevoir le certificat de décès. La défense s’est donc interrogée : si Doucouré Ladji est retourné à la morgue aux alentours de fin janvier, début février, « il n’est pas possible qu’on (lui) ai remis des documents datés du 23 mai 2011 » . « Je suis retourné plusieurs fois », s’est justifié le témoin.
Les documents remis par la morgue d’Anyama sont en tout cas sujet à débat entre les parties. En effet, le bureau de la procureure souhaite verser au dossier le registre qui fait état de la mort du frère du témoin le 16 décembre 2010, jugeant qu’il s’agit d’un document « officiel ». Mais la défense conteste pour sa part sa fiabilité.
Sun, 11 Dec 2016 16:04:00 +0100
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