« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Gestion du pouvoir – Opposants et syndicats, tous contre Ouattara

Les opposants s’en prennent à Ouattara

Les leaders de l’opposition n’ont pas ménagé le Président Ouattara. D’abord Mamadou Coulibaly, président de LIDER. Soir Info raconte que pour décrier la violence des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire contre ses parents à Azaguié, en représailles de sa dénonciation « de la politique tordue du gouvernement », l’ex-président de l’Assemblée nationale a dit : « ce que je demande à Ouattara, c’est de faire tomber sa foudre sur moi Mamadou Coulibaly et non les populations qui vont au champ, qui travaillent à la machette et qui ne vivent pas de mes revenus… je suis là à Abidjan, qu’il vienne m’arrêter ». Face au fait que les FRCI ne se soumettent pas à l’autorité, il a avancé que « si ces autorités ne peuvent pas les influencer, c’est que ce sont les FRCI qui gouvernent la Côte d’Ivoire ». Le Quotidien d’Abidjan rapporte qu’au sujet des crimes commis en Côte d’Ivoire, Coulibaly Mamadou a indiqué que « le chef de l’État mérite d’être à la CPI » au nom des FRCI. « Pour moi, il fallait réunir les preuves de l’implication de Ouattara. Et ensuite les déposer devant la CPI et dire, voilà ce que l’autre camp a fait. Alors vous jugez tout le monde ou vous libérez celui que vous avez pris », disait-il pour expliquer son clash avec le FPI qui réclamait à la CPI la libération de Laurent Gbagbo. Quant à Gervais Coulibaly, président de CAP-UDD, il a demandé que Ouattara libère des prisonniers pro-Gbagbo, en guise de cadeau de fin d’année, pour décrisper la situation. Mais « qu’il n’attende rien en retour. Pourquoi attendrait-il quelque chose en retour. Cela viendra tout seul », lit-on dans Le Nouveau Réveil. Charles Blé Goudé, le leader du COJEP en a mis du sien. Dans Le Temps, il affirme que « derrière cette momentanée lumière (festival Abidjan perle des lumières), se trouve une obscurité emprunte de misère que le pouvoir tente de cacher par une théâtralisation tout azimut ».

Front social en ébullition

« Menace sur le front social : les syndicats de la Santé donnent 40 jours au gouvernement », titre Notre Voie. En effet, le porte-parole de la coordination, Dr Atté Boka, a déclaré que « s’il n’y a rien en fin janvier, il n’y aura rien à l’hôpital ». Car, « force est de constater que le gouvernement n’a apporté aucune solution concrète à nos revendications majeures ». L’intersyndicale du secteur éducation/formation aussi veut arrêter le travail. Le Patriote note qu’elle entend le faire dès le 14 janvier 2013, si le gouvernement ne se plie pas à ses exigences. Mais avant, le 2 janvier, elle déposera un préavis de grève. Pour le quotidien, cet arrêt de travail ne se justifie pas car le système éducatif n’est pas encore sorti de l’auberge avec les nombreux défis à relever. En réponse à leur projet, Kandia Camara a affirmé que « si les enseignants décident de mettre en pratique leur menace, en tant que ministre de l’Éducation nationale, je vais demander au Président de la République de fermer l’école pendant une année », note L’inter. Cependant pour éviter ces frondes à l’Université, le journal ajoute que le Centre Régionaux des Œuvres Universitaires et la Société de Transport Abidjanais ont décidé d’agrandir le parc automobile et la flotte lagunaire de la SOTRA, par l’acquisition de 1000 autobus et de15 bateaux-bus, d’ici fin janvier 2013.

Les décisions de Ouattara pour 2013

Le chef de l’Etat et ses ministres ont pris d’importantes décisions au cours du Conseil des ministres d’hier. Fraternité Matin titre « Beaux cadeaux de fin d’année » pour les fonctionnaires, enseignants et planteurs. Il annonce une grille salariale en étude, 42 milliards de F.Cfa d’arriérés à payer aux fonctionnaires en janvier et une augmentation du prix du cacao de 500 à 620 F.Cfa. Ces décisions sont prises pour faire face aux revendications sociales et aux contraintes financières de l’État, précise le communiqué final de cette réunion. Nord-Sud Quotidien a recueilli les propos de deux syndicalistes. Mesmin Comoé de L’intersyndicale a indiqué que « une grille salariale qui tient compte du coût de la vie ne peut que nous réjouir. C’est parce que la grille actuelle ne nous satisfait pas que nous demandons sa revalorisation depuis lors ». Quant à Dr Atté Boka du syndicat des agents de la Santé, il s’est montré sceptique : « Qu’on nous dise le contenu exact de cette grille. Que va-t-elle comporter ? Les gouvernants nous ont affirmé des choses et on n’a rien vu », a-t-il déclaré.

Par César DJEDJE MEL in Linfodrome

Thu, 20 Dec 2012 20:48:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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