Après la bastonnade de KKB, en fin de semaine écoulée, à Bonon, la jeunesse du Pdci s’est sentie blessée dans sa chaire. Hier, cette jeunesse s’est réunie à la maison du parti à Cocody pour réfléchir sur la conduite à tenir face à l’attitude barbare de son allié du Rdr. Eu égard à la gravité de l’acte posé par le parti au pouvoir, toutes les structures spécialisées de la jeunesse ont répondu présentes à l’appel de Kamagaté Brahima, secrétaire général de la Jpdci, initiateur de la rencontre. Les intervenants qui en avaient gros sur les cœurs n’y sont pas allés du dos de la cuillère pour assener leur part de vérité à Alassane Ouattara. Selon Dosso Aboubacar, vice-président de la Jpdci chargé de la jeunesse estudiantine, l’humiliation infligée à KKB par les militants du Rdr à Bonon est inacceptable. D’où sa grande colère. « Le fait d’être ensemble au Rhdp ne nous fait pas obligation à renoncer à nos droits, ceux notamment de choisir librement nos responsables. Nous sommes choqués par l’attitude de nos alliés. Qu’ils comprennent que nous ne leur donnerons plus jamais l’occasion d’humilier nos responsables ».Après avoir interpellé le président Henri Konan Bédié qui s’est muré dans un mutisme total, le responsable de la jeunesse estudiantine du Pdci s’est voulu assez menaçant. « Si nous nous sommes battus pour mettre Ouattara au pouvoir, ce n’est pas pour nous brimer en retour. La bataille que nous allons mener pour le faire partir sera à la dimension de celle que nous avons menée pour le placer là où il est. Si ces humiliations continuent, nous nous réservons le droit de suspendre notre participation aux activités du Rhdp».Une autre intervention qui a retenu l’attention de l’assistance est celle de mademoiselle Ahou Monique, secrétaire générale de la jeunesse féminine du Pdci. Pour elle, le temps est arrivé pour que la direction du plus vieux parti prenne ses responsabilités vis-à-vis du Rdr dont les responsables considèrent le Pdci comme une formation politique de seconde zone. Toute chose qui lui a fait dire que son parti dispose de moyens assez efficaces pour faire partir Ouattara du pouvoir. « Autant nous avons fait partir Gbagbo, autant nous pouvons faire partir Alassane Ouattara. Et s’il ne fait pas attention, nous allons nous retirer du Rhdp. Ce qui va leur permettre de gouverner seul comme ils le souhaitent », a-t-elle martelé en substance. Prenant en dernier ressort la parole, Kamagaté Brahima a d’abord condamné l’acte de barbarie perpétré sur Konan Kouadio Bertin, avant d’interpeller la direction du Rdr dont il dit toutefois attendre un mot de compassion. Parce que pour lui, seul un tel geste, accompagné d’un mea culpa, pourrait désamorcer la bombe. Mais avant toute chose, a-t-il précisé, il faut qu’Alassane Ouattara diligente une enquête dans les plus brefs délais aux fins d’identifier les auteurs et les commanditaires de l’agression perpétrée sur la personne de KKB en vue de les traduire devant la justice. Signalons qu’avant la rencontre, les jeunes du Pdci ont voulu organiser un sit-in devant le ministère de l’intérieur pour interpeller Ahmed Bakayoko sur les agissements des militants du Rdr. Mais ils en ont été dissuadés par leur président.
Nicole Bantchi in Aujourd’hui