« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

La marque de la bête

Diarra Moussa, Sylla Bazoumana, Sylla Mamadou, Koné Siriki, Coulibaly Mamadou ont tous perdu la vie dans la nuit électorale du dimanche 26 février dernier à Bonon. Le RDR les a déjà identifiés comme étant ses militants de base et se pose depuis la question de savoir qui a bien pu tirer à l’arme automatique sur eux ? Il faut avouer que c’est tout de même curieux que le RDR qui a vite fait d’identifier les morts ne sache pas exactement l’identité de ceux qui ont commis le forfait. Oui, c’est possible. Il n’y a pas de rapport nécessaire entre l’identité des victimes et les criminels, mais quelle que soit la version, les circonstances dans lesquelles interviennent les faits rendent suspecte l’interrogation du RDR. Le candidat indépendant Kouadio Denis qui a par ailleurs remporté l’élection et dont le soutien de taille Kouadio Konan Bertin a été tabassé la veille, est formel : ce sont des éléments de l’Onuci qui dans une riposte à l’attaque des militants du RDR, ont fait les cinq morts. Pour le candidat malheureux du RDR, ce sont plutôt des personnes encagoulées qui ont tiré sur ses camarades pour se venger d’eux. On veut bien croire cette dernière version, mais Koné Yacouba ne nous dit pas pourquoi lui et ses militants seraient victimes d’une vengeance planifiée. Pourquoi des personnes encagoulées, ce qui est nouveau dans l’espace "insécuritaire" de la Côte d’Ivoire, s’en prendraient particulièrement à des personnes qui sont tranquillement en train de pleurer leur défaite ? Il est vrai que plus rien ne devrait nous surprendre dans ce pays où le gouvernement met tout sens dessous dessus, mais les crimes portent toujours la signature de leur auteurs. Mise à part la balistique qui pourrait nous situer, ce genre de crime crapuleux ne ressemble pas aux militants du PDCI qui, malgré tout, enlève la mise du scrutin à travers le candidat indépendant. La version la plus plausible est donc celle de l’attaque du cortège sécurisé de l’Onuci par les militants du RDR qui croyaient, une fois encore, pouvoir changer la donne par la violence. C’est la marque de la brute.



Joseph Marat

Wed, 29 Feb 2012 23:19:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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