« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

La colonisation des ploucs


Il n’y a pas deux mois, Dramane Ouattara feignant d’être excédé par les Frci à qui l’actualité venait d’attribuer les tueries de Vavoua, avait donné 48 heures à ces derniers pour quitter les rues. Soit le chef Dramane a été écouté et nous avons désormais affaire à une armée réunifiée et disciplinée, soit son autorité ne pèse rien et les Frci, les faux ou les vrais, continuent de sévir dans toutes les localités annexées lors de la croisade de Soro Guillaume sur Abidjan entre le 27 mars et le 11 avril 2011. Dans tous les cas, les exactions et les affrontements entre populations et Frci n’ont pas pris fin. Il ne se passe plus un jour sans qu’on ne parle de la réaction des populations contre la soldatesque à la gâchette facile. Après Sikensi hier, nous voilà aujourd’hui à Arrah. Pour un fait divers banal, la localité d’Arrah est en ébullition depuis deux jours et le plus marrant dans l’affaire, c’est le silence des autorités ivoiriennes qui nous donnent l’impression que la paix sociale est le dernier de leur souci. Le pouvoir Ouattara aurait-il voulu nous dire qu’il a été installé pour désagréger la société ivoirienne, qu’il ne se serait pas pris autrement. Quand on fouille bien dans ces nombreuses crises liées aux pratiques des Frci qui sont censées avoir une mission nationale, on a toujours l’impression d’être face à deux armées. Celle qui a la formation pour gérer les crises de maintien d’ordre et qui sont désarmées, confondues à la population quelquefois, et les conquistadors venus de la rébellion du nord et qui assurent visiblement la politique de rattrapage de Dramane Ouattara. Toutes ces populations qui se révoltent un peu partout, ont le sentiment de revivre la colonisation, cette fois par des personnes à qui manque surtout la science de l’impérialiste. La question dans ce genre de situation est : pendant combien de temps les populations ivoiriennes vont-elles se laisser malmener par des personnes moins futés qu’elles ?



Joseph Marat

Thu, 16 Feb 2012 15:38:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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