"Risque d’enlisement"
L’action française a fait l’objet de concertations, notamment avec l’Algérie réticente à voir Paris intervenir militairement dans son arrière-cour. Alger n’a toutefois pas commenté jusqu’à présent l’intervention française. Pour la justifier légalement, Paris met en avant l’article 51 de la charte de l’ONU qui mentionne "le droit de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est l’objet d’une agression armée".
Pour l’ex-ministre socialiste de la Défense, Paul Quilès, il est toutefois "indispensable, de façon à éviter toute ambiguité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite à la France". "Espérons que cette opération sera efficace", ajoute-t-il sur son blog en réclamant des précisions sur les buts de guerre: terrorisme, intégrité de l’Etat, protection des Français ou sort des otages.
Si l’entrée en action française a été saluée par les principaux partenaires occidentaux et africains de Paris, ses contours restent en effet flous. Arrêter la progression des islamistes ? Aller jusqu’à aider sur le terrain le Mali à reconquérir sa partie nord ?
Les militaires français ne seront "pas en première ligne" pour la phase de reconquête du nord, à la charge des forces maliennes et des troupes africaines de la Cédéao, a assuré vendredi Laurent Fabius.
Mais vu l’état de déliquescence de l’armée malienne, plusieurs experts sont dubitatifs, certains allant jusqu’à évoquer "un risque réel d’embourbement".
Dans un entretien ce week-end au Journal du Dimanche, un spécialiste du Sahel, Serge Michailoff, met en garde contre le "risque d’enlisement" et la difficulté d’une opération s’appuyant sur l’armée malienne, "autonomisée par rapport au pouvoir", et "le régime vermoulu" de Bamako.
Vendredi, le président français François Hollande s’est bien gardé de donner des paramètres précis sur l’intervention. Elle "durera le temps nécessaire", a-t-il seulement dit.
In lepoint
Sun, 13 Jan 2013 12:53:00 +0100
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