« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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La première Miss Black France

"Une tête bien faite dans un corps bien fait." Tel aurait pu être le slogan de la première élection Miss Black France, qui s’est tenue samedi soir, salle Wagram à Paris. Mbathio Beye, jeune Sénégalaise de 21 ans, lauréate de cette cérémonie qui a pour but de "célébrer la beauté noire", prépare un master de stratégie marketing. Ses deux dauphines, Romy Niaba, 22 ans, d’origine ivoirienne, et Aissata Soumah, 23 ans, Guinéenne, sont respectivement étudiantes en sciences politiques et en école de commerce.

Sélectionnées parmi un casting de 1 000 candidates, issues de toutes les régions de France, les 18 Miss en lice suivaient presque toutes des études supérieures. Côté scène, le spectacle n’avait rien à envier à l’élection de Miss France. "Port de tête, gestuelle, présence sur scène… Elles ont appris en quelques semaines seulement ce que les prétendantes à Miss France mettent plusieurs mois à assimiler", affirme une ex-dauphine du concours de beauté d’Endemol. Frédéric Boyer, organisateur et créateur du concours Miss Black France, explique que l’objectif de ce concours est de célébrer "la beauté noire", considérant : "L’élection Miss France n’est pas assez représentative de la diversité."

Une minipolémique avait précédé la cérémonie. Alors que la France ne reconnaît aucune communauté ethnique, Patrick Lozès, fondateur du Cran, devenu en 2011 président du parti humaniste Allez la France, s’était interrogé sur le bien-fondé du concours Miss Black France. Il "ne peut que crisper l’opinion dans la période d’interrogations que traverse un pays en plein changement", en plus d’"enfermer des jeunes filles dans une identité ethnique", avait-il dénoncé à Associated Press. Signe rassurant : la cérémonie avait reçu le soutien de Geneviève de Fontenay, ancienne gardienne du temple des Miss. Samedi, malgré un cordon de CRS dressé devant la salle Wagram pour anticiper toute manifestation de personnes peu sensibles à la "beauté noire", la cérémonie s’est tenue dans une ambiance musicale et très bon enfant.

lepoint.fr

Mon, 30 Apr 2012 12:08:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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