Volte-face et pressions extérieures
Yahya Jammeh gouverne depuis 22 ans ce petit pays anglophone de moins de deux millions d’habitants en Afrique de l’Ouest. Il a d’abord reconnu sa défaite le 2 décembre, et même félicité le vainqueur déclaré, Adama Barrow.
Puis, le 9 décembre, il a fait volte-face. Il a rejeté les résultats et exigé un nouveau vote en arguant d’irrégularités dans la comptabilisation des résultats par la Commission électorale indépendante.
Depuis ce revirement, il est sous pression de plusieurs pays et institutions, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’ONU. Ces deux institutions lui demandent de céder le fauteuil le 19 janvier.
Le 13 décembre, la Cedeao a dépêché une délégation de quatre chefs d’États à Banjul, accompagnée d’un représentant de l’ONU. Ils n’ont pas réussi à convaincre le président gambien.
Une Cour suprême à la composition floue
Le même jour, le parti de Yahya Jammeh a saisi la Cour suprême pour demander l’annulation des résultats accordant la victoire à Adama Barrow. Ce recours implique la nomination, par le chef de l’État, de juges étrangers. La Gambie sollicite souvent des juges d’autres pays anglophones pour renforcer son système judiciaire.
Le 17 décembre à Abuja, la Cedeao a réitéré sa demande à Yahya Jammeh et décidé de « garantir la sécurité et la protection » de Adama Barrow. Ses dirigeants ont promis de se rendre à Banjul pour son investiture le 19 janvier.
Auparavant, le président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza, avait évoqué des décisions « les plus draconiennes » possible si la diplomatie échouait, qualifiant l’option militaire de « solution envisageable ».
Mercredi, le juge nigérian Emmanuel Fagbenle a assuré à la presse que la Cour suprême, composée de sept membres n’était pas en sommeil et que ses juges « ont été nommés depuis juin 2016 ». Ils sont attendus en janvier en provenance de Sierra Leone et du Nigeria, et prêteront serment avant le début de l’audience. Aucun calendrier n’était disponible sur la durée de la procédure.
Selon plusieurs sources, y compris dans le milieu judiciaire, la Cour suprême n’a pas siégé depuis mai 2015, en raison de juges manquants.
Le président n’accepte pas les menaces
Mardi 20 décembre, Yahya Jammeh a déclaré à la télévision gambienne : « la Cedeao essaie de me pousser dehors. Cela n’arrivera pas ».
Il a dénoncé ses opposants, l’Occident, les « menaces » à son encontre. Il a aussi accusé la Cedeao d’être manipulée par un « gouvernement étranger » non africain, qu’il n’a pas identifié.
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