« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

RDC : vers une sortie de crise après quatre jours de violences

Vers une sortie de crise grâce à la médiation de l’Eglise après quatre jours de violences meurtrières

La République démocratique du Congo s’acheminait dans la nuit de jeudi à vendredi vers un accord de sortie de crise, après quatre jours de violences meurtrières autour de la fin du mandat du président Joseph Kabila.

"C’est sûr, nous terminerons demain" (vendredi), a déclaré dans la soirée Mgr Fridolin Ambongo, vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui assure la médiation des négociations ouvertes le 8 décembre en vue d’instaurer une transition politique pacifique.

"Nous avons obtenu tout ce que nous voulions", a confié une source dans l’opposition.

"Normalement, l’ accord sera signé demain vendredi", a ajouté Félix Tshisekedi, chef de la délégation de l’opposition à l’issue d’une séance plénière peu après 22H00 (21H00 GMT).

"Le président a fait suffisamment de concessions, l’accord sera signé demain", a également estimé Lumanu Mulenda, négociateur de la majorité.

Des équipes de juristes de chaque camp devaient finaliser durant la nuit la rédaction de l’accord en vue de son adoption en séance plénière vendredi matin avant une cérémonie de signature officielle dans l’après-midi.

L’AFP a consulté le document de travail résumant les principaux points du projet d’accord ayant fait l’objet d’un consensus en commission.

Ce texte prévoit l’instauration d’une "transition politique" et la tenue "fin 2017" de la présidentielle, qui aurait dû être organisée cette année et que le pouvoir disait jusque-là ne pas pouvoir organiser avant avril 2018.

L’opposition obtient également la garantie que le président Kabila ne briguera pas un troisième mandat, conformément à la Constitution.

Un "Conseil national de transition" doit être créé afin de veiller à la bonne exécution de l’accord, particulièrement sur les questions électorales.

En contrepartie, l’opposition, rassemblée autour de la figure historique d’Étienne Tshisekedi, a accepté le principe du maintien au pouvoir de M. Kabila jusqu’à une passation de pouvoir avec un successeur élu, alors qu’elle demandait jusque-là son retrait immédiat de la vie publique.

Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Son second mandat s’est achevé mardi dans un climat de violence, et la Constitution lui interdit de se représenter.

– Tensions dans les provinces –

Depuis lundi, entre 56 et 104 personnes, selon les sources, ont péri dans des violences politiques ou interethniques. Ces chiffres ne tiennent pas compte d’affrontements au bilan encore inconnu mardi dans la ville de Kananga (centre) entre forces de l’ordre et une milice opposée au gouvernement central.

Mardi, jour d’expiration du mandat de M. Kabila, des affrontements entre forces de l’ordre et jeunes contestant sa légitimité ont fait 20 morts à Kinshasa, Lubumbashi (deuxième ville du pays) et dans deux villes de l’Ouest, selon la police.

L’ONG Human Rights Watch affirme avoir documenté le décès de 34 personnes dans ces violences. L’ONU, elle, avançait mardi un "bilan provisoire" de 19 morts "confirmés".

La situation s’était calmée mercredi dans la capitale Kinshasa, qui a repris timidement vie jeudi, après un début de semaine de paralysie totale. Les forces de l’ordre y restaient toujours déployées en nombre.

Des tensions subsistaient dans plusieurs provinces.

A Lubumbashi(sud-est), fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, l’armée a bouclé jeudi à l’aube un quartier théâtre de violences au cours des deux jours précédents et procédé à des arrestations massives.

L’Église a, elle, lancé "un SOS", après une nouvelle attaque menée mardi par des Pygmées, en conflit avec l’ethnie Bantou, et qui a fait selon elle au moins 40 morts mardi dans la ville de Manono, à 480 km au nord de Lubumbashi. Les autorités, elles, parlent de six morts.

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Fri, 23 Dec 2016 01:10:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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