Et si l’intention de la cour pénale internationale (Cpi) était de laisser le moins de temps possible à l’équipe de Maître Emmanuel Altit pour préparer la défense de son client Laurent Gbagbo ? En tout cas, hier, elle a maintenu sa décision prise le 12 septembre dernier d’organiser une audience à huis clos, les 24 et 25 septembre prochain, pour statuer sur l’aptitude du président Laurent Gbagbo à participer à la procédure engagée contre lui. La défense de Laurent Gbagbo avait pourtant demandé que cette audience soit reportée de quelques jours, soit au début du mois d’octobre afin de mieux se préparer étant entendu qu’il s’agit d’une étape cruciale de la procédure. Parce qu’elle estimait que 12 jours pour préparer des arguments dans une procédure aussi complexe, c’était effectivement trop peu.
Mais, la juge unique de la chambre préliminaire 1 de la Cpi, Mme Sylvia Fernandez De Gürmendi, a estimé qu’un report ne s’imposait pas dans la mesure où les différentes parties avaient déjà eu assez de temps puisqu’elles ont eu connaissance des rapports des experts médicaux depuis le 20 juillet et qu’elles ont déjà soumis à la cour leurs observations par écrit.
La défense s’était également inquiétée de la longueur des audiences qui pourraient être fastidieuses pour son client en dépit des pauses prévues. Puisqu’elles durent tantôt toute la matinée, tantôt tout l’après-midi. A cette préoccupation, Mme Sylvia De Gürmendi a répondu que les commodités et une assistance médicale seront mises en place pour permettre au président Gbagbo de suivre les deux jours d’audience.
On le voit, la Cpi a décidé d’aller vite, visiblement sous la pression de la procureure Fatou Bensouda qui avait annoncé dès sa prise de fonction que le dossier Laurent Gbagbo serait vite évacué. Mais cela doit-il se faire au détriment des droits de la défense ? Grande question !
Augustin Kouyo in NOTRE VOIE