Les déplacés retournent chez eux
Les déplacés qui avaient trouvé refuge à la sous-préfecture et à la mairie de Duékoué suite à la colère des populations qui ont incendié le camp de Nahibly le vendredi 20 juillet ont commencé à regagner leurs villages respectifs grâce au gouvernement et au HCR. Pour de nombreux déplacés qui retournent, l’angoisse était perceptible chez eux. « Nous n’avons rien reçu pour le retour. Alors que dans l’incendie du camp nous avons tout perdu. On a rien pu sauver. Tout a été emporté par les flammes », a confié Tah Bahi Elise qui s’apprêtait à regagner son village Diéouzon. D’autres, par ailleurs, se plaignaient de la destruction de leurs maisons au village. « Moi je n’ai plus de maison. Mais je suis obligé de partir puisqu’ici je n’ai plus de toit également. Je vais essayer de me refaire là-bas. Rester ici devient pénible », a martelé Koulaï Thomas du village de Diourouzon. Selon le sous-préfet, Abion Yao Elie, responsable des convois qui sont organisés, « c’est sur place qu’ils seront pris en charge par le HCR et le PAM ». Mais tous ne souhaitent pas retourner chez eux. C’est le cas de Déhon Césarine, paralytique qui a trouvé refuge à la mairie suite à l’attaque. « C’est grâce à des jeunes Dioula que j’ai pu sortir du camp. Pendant que tout brûlait, ils m’ont pris et m’ont déposé sur la route où la Croix-rouge m’a recueillie pour me transporter jusqu’ici où je suis avec ma mère qui s’occupe de moi. De temps en temps, le maire me donne de quoi à manger. Je reste allongé toute la journée. Je ne peux plus marcher. Il me faut des soins. Au village, je ne sais pas si je pourrai acquérir ces soins. C’est pourquoi je suis ici », a-t-elle signalé.
Pendant ce temps sur place, des patrouilles conjointes composées des forces ivoiriennes et de l’Onuci sillonnent les villages où de nombreux déplacés sont retournés déjà. Selon un responsable militaire, ces patrouilles visent à rassurer et à encourager ces personnes à rester. Un PC crise dirigé par le Cdt Koffi Daniel venu d’Abidjan a été installé à la préfecture qui est aussi le QG des forces onusiennes. Des deux côtés, des renforts sont arrivés. A côté du dispositif militaire mis en place par le gouvernement, le corps préfectoral joue la carte de l’apaisement. Le préfet Benjamin Effoly multiplie les rencontres avec les couches sociales pour tenter de ramener le calme et prévenir de nouvelles violences. Le rapporteur spécial de l’Onu pour les droits de l’Homme, Chaloka Beyani, dont l’arrivée avait été programmé est arrivé sur place où il a pu se faire une idée nette de la situation qui prévaut. « Nous sommes venus voir et étudier la situation des personnes déplacées», a-t-il fait savoir ce mercredi au cours d’une rencontre avec la population. Une autre mission, celle de la CDVR, conduite par Me Offoumou Khaudjis a aussi pris langue avec la région pour une distribution de vivres aux déplacés.
Rahoul Sainfort (Correspondant régional) in Le Patriote
Sun, 29 Jul 2012 01:35:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.