LA RÉBELLION RAMPANTE AU RHDP
Le 17 septembre, à Daoukro, le Président Bédié a lancé un appel au RHDP pour soutenir le candidat Ouattara en 2015. Le Président Bédié s’exprimait en ces termes : « Je donne des orientations fermes pour soutenir ta candidature à l’élection présidentielle prochaine, a déclaré Henri Konan Bédié. Je demande à toutes les structures du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire et des partis composants, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, de se mettre en mouvement pour faire aboutir ce projet. Tu seras ainsi le candidat unique de ces partis politiques pour l’élection présidentielle sans préjudice pour les irréductibles qui voudront se présenter en leur nom propre». Mais très rapidement, les militants du PDCI et du MFA n’ont pas manqué de rappeler qu’une telle décision était simplement la position d’un citoyen qui s’appelle Henri Konan Bédié. Les jeunes et les femmes du PDCI ont finalement décidé de jouer un rôle historique en refusant catégoriquement cet appel humiliant et déplacé. Pour le MFA, l’appel de Daoukro ne concerne pas le parti et ne l’engage en rien. Le Président Anaky a raison d’autant plus qu’il avait en 2010, voulu une candidature unique mais refusée par la direction du RDR. Pourquoi ravaler son vomi ? Simple question de cohérence et de clarification ! Toujours est-il que l’appel de Daoukro est perçu par la majorité des militants du PDCI et du MFA comme une trahison et un acte solitaire d’un seul homme. Au PDCI, cette fois, celui qui a modifié les textes pour abroger la limite d’âge du président du parti pour se maintenir à la tête de l’ancien parti unique lors du congrès d’octobre 2013, sera stopper net car l’ étau se resserre autour de lui. La rébellion au sein du RHDP indique fort bien que le bal des copains et des coquins n’aura pas lieu.
LES PETITS QUI REFUSENT D’ÊTRE LES SACRIFIÉS DE LA RÉVOLUTION
Au sein des FRCI, les clans se sont formés : les protégés et les sacrifiés. Pour ne pas donner l’impression d’être une cour pénale d’injustice, la CPI entend recevoir des pensionnaires du camp de l’actuel Président. Et sur la liste, certains noms figurent : ces sont les sacrifiés. Les autres au regard de leur soutien coupable au régime actuel sont simplement protégés et exemptés de poursuites (pour l’instant).
On peut citer également la guerre de positionnement au sein des « fils » du Président Ouattara. Les Ivoiriens voient sous leurs yeux la guerre de positionnement qui oppose Guillaume Soro Kigbafori et Hamed Bakayoko. Les hommes de confiance de Soro sont intelligemment écartés ou éloignés pour laisser le terrain aux protégés. Souvenons-nous de la descente aux enfers de Wattao, débarqué en juillet dernier de ses responsabilités à la direction opérationnelle du CCDO, une force mixte d’élite composée de plus de 700 hommes. Aujourd’hui, en formation au Maroc, il n’est pas prêt pour une humiliation gratuite, de même que les autres qui sont sur cette liste des sacrifiés.
Enfin certaines voix autorisées mais sourdes avancent qu’une guerre larvée entre les Koyakas et les autres commence par prendre des tournures incontrôlées.
Il est évident que lorsqu’une rébellion commence depuis ta maison, il est difficile de s’en sortir et le Président Ouattara le sait. Avec la connaissance qui est la sienne, il doit avoir une idée de l’avertissement que donne Jean Moulin (Homme d’Etat, Militaire et Préfet) lorsqu’il écrit que « je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger ».
L’OPPOSITION QUI SE SOUDE LES COUDES
Les « révolutionnaires » sont arrivés au pouvoir mais les Ivoiriens ne voient toujours pas la révolution arrivée au pouvoir. Les Ivoiriens végètent dans un pays où l’on avance sans rire des taux de croissance à deux chiffres. Il est difficile de se loger, de se nourrir, de scolariser ses enfants, de se déplacer, de s’exprimer, de s’opposer, de vivre. Dans cette misère à la Zola, les Ivoiriens sont devenus nostalgique d’un passé perdu. L’opposition n’a donc pas le choix que de lutter pour redonner de l’espoir aux Ivoiriens. Elle doit impérativement s’unir pour le salut public car les houphouëtistes veulent caporaliser le pouvoir pendant des siècles comme si nous étions à l’époque du parti unique. En tout cas, c’est le sentiment qui transparaît dans l’appel de Daoukro : « L’objectif d’une telle candidature est double : assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 et ensuite aboutir à un parti unifié dénommé PDCI-RDR pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux l’alternance au pouvoir dès 2020 ». Aujourd’hui les forces de l’opposition sont unanimes pour reconnaître que la vie du calvaire des Ivoiriens doit passer par une union sacrée. Et cette façon d’aborder la question est louable et salutaire car notre union fait la faiblesse des autres. Mais dans cette quête pour le mieux-être de nos compatriotes, nous ne devons jamais perdre de vue l’essentiel : les propositions alternatives. Face à la souffrance de nos compatriotes, nous devons avoir la force des idées et faire de bonnes propositions. Il suffit d’avoir en esprit l’enseignement de Denis Diderot, à savoir qu’il y a trois choses à considérer dans la proposition : l’opposition, l’équipollence et la conversion.
Soudés et unis, nous ferons tomber les murs de la haine et de la vengeance. C’est ainsi que nous arriverons à faire mentir Arthur Koestler pour qui quiconque s’oppose à la dictature doit accepter la guerre civile comme moyen et quiconque recule devant la guerre civile doit abandonner l’opposition et accepter la dictature.
Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
PRAO YAO SERAPHIN
Fri, 26 Sep 2014 14:55:00 +0200
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