« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Le RDR détruit les sièges du FPI et du groupe Cyclone

Il faut casser le Front populaire ivoirien, parti fondé par le président reconnu des lois ivoiriennes, Laurent Gbagbo. Il faut briser ce parti des débats d’idée et des réflexions constructives. Vaille que vaille. Coûte que coûte. C’est là que s’arrête le génie du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara qui n’a cessé de multiplier les actes d’intimidation et d’exaction contre l’opposition significative ces derniers temps. Ses dernières prouesses remontent à ce week-end, précisément le samedi 18 août où une expédition punitive sur le siège du FPI a été organisée par les partisans du brave tchê. Si l’on ne déplore aucune perte en vie humaine, l’on note tout de même trois blessés parmi les membres de la jeunesse FPI qui y tenait une réunion ainsi que de nombreux dégâts matériels. Une voiture incendiée fumait encore lorsque notre équipe de reportage arrivait sur les lieux aux environ de 15h. Selon une victime de l’agression barbare des prétendus républicains que nous avons interrogée, il était presque 12h lorsqu’un mini-car gbaka débarque avec à son bord des jeunes dioulas surexcités. « Les agresseurs parlent tous dioula », comme en témoigne à une agence française Jean-Luc Ouallo, un membre de la JFPI présent lors des faits. Armés de fusils de chasse, de gourdins, de barres de fer, et autres armes blanches, ils intiment l’ordre une fois sur place à la dizaine de jeunes, membres de la JFPI en réunion, d’évacuer les lieux. Auquel cas, ils paieraient cash de leurs vies leur insoumission. Cette information est confirmée par cet autre témoin que rapporte l’Afp « Un autre jeune du FPI a raconté que les assaillants sont arrivés peu avant 12h et ont dit aux jeunes: "sortez, sortez, sinon on brûle tout". Certains se sont alors réfugiés dans les toilettes ». A peine la sommation lancée que les agresseurs se mettent au travail. Le siège du parti de Gbagbo est mis sens dessus dessous, le matériel informatique est saccagé, les vitres volent en éclats, les sanitaires brisés, les meubles détruits, les documents déchirés et mouillés. Leur forfait accompli, les partisans de Ouattara disparaissent dans la circulation non sans menacer de faire la peau aux militants FPI à leur prochaine descente. La nuit ce même jour, cap est mis sur le groupe
Cyclone, éditeur du quotidien Le Temps, quotidien pro-Gbagbo.

Selon le témoignage de notre confrère Yacouba Gbané, Directeur de publication dudit quotidien, ce sont six individus armés de pieds de biche, de gourdins et de machettes qui escaladent les murs pour accéder à l’enceinte de Cyclone aux environs de 2h du matin. Une fois à l’intérieur, les malfrats bastonnent et neutralisent le vigile, fracturent les portes et mettent le feu aux bureaux. Bilan, un vigile traumatisé, un bureau complètement brûlé, deux autres sérieusement entamés par les flammes, des ordinateurs emportés, le split parti en fumée, sans compter les documents importants réduits en cendre. Face à cette grave atteinte à la liberté de la presse, M. Gbané est plus que déterminé : « Nous sommes suspendus et comme ils savent que nous paraissons mardi, ils veulent certainement saper notre moral. S’ils pensent nous atteindre moralement en attaquant nos structures, ils se trompent lourdement. Nous allons poursuivre notre combat, nous allons continuer à dénoncer l’imposture, nous allons continuer à paraitre ». Quant à l’identité des quidams, Yacouba Gbané note : « Je ne sais pas qui a fait ça et je n’accuse personne. J’ai déposé une plainte au 30ème arrondissement, j’attends que l’enquête aboutisse et que les auteurs soient arrêtés et mis à la disposition de la justice. » A la question de savoir si ce sont les mêmes casseurs du siège du FPI qui ont fait irruption à Cyclone, le Directeur de publication avoue : « Je ne connais pas les auteurs mais je trouve la coïncidence assez bizarre quand même. » Dans tous les cas, il croit qu’un jour, le soleil se lèvera de nouveau sur la Côte d’Ivoire où la liberté d’expression sera moins bafouillée qu’actuellement.

Pascal Bellasset in Aujourd’hui

Mon, 20 Aug 2012 20:53:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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