« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Arts et Culture

Le vaudou résiste à la modernité et au foisonnement des églises évangéliques

Ancienne tête de pont de la traite négrière, la ville béninoise de Ouidah, berceau du vaudou, organise le 10 janvier de chaque année un «festival vaudou». Au Bénin, cette religion animiste résiste au temps et à la concurrence des religions «modernes», notamment des églises évangéliques qui foisonnent actuellement en Afrique de l’Ouest. Un culte également très présent dans la caraïbe et au Brésil.

Ouidah organise depuis 1996 en janvier son festival vaudou, qui attire des milliers d’adeptes venus de tout le golfe de Guinée. Cette religion traditionnelle africaine très présente dans l’ancien royaume du Dahomey, a longtemps été une forme de résistance culturelle à la colonisation et à l’esclavage, une religion observée secrètement, intégrant souvent des figures du panthéon chrétien.

Vodoun, en langue Fon parlée dans le sud du Bénin, signifie «ce que l’on ne peut élucider» ou encore «esprit». Comme toute religion, ce culte des esprits offre à ses fidèles une mythologie sur l’origine du monde, les lois de la nature, les relations sociales.

Culte des esprits
Les cérémonies rythment les grands évènements de la vie: naissance, passage à l’âge adulte, deuil. Les rituels consistent en offrandes, sacrifices, louanges suivis de chants, de danses et de breuvages secrets destinés à provoquer des transes favorisant la communication avec les esprits.

Le sacrifice d’animaux permet de concrétiser cette relation entre l’humain et la divinité qui délivre des messages. Les fétiches intercèdent, par l’art de la magie, pour des guérisons, une demande de réussite ou de justice…

Religion longtemps interdite
Sous le président béninois Mathieu Kérékou, le vaudou a été réprimé, pour son caractère «obscurantiste», «rétrograde», «fétichiste» voire lié à la «sorcellerie». Les 17 ans de régime «marxiste» (de 1972 à 1990) n’ont pas pour autant empêché les dépositaires du culte vaudou de continuer à pratiquer leur religion.
C’est le président chrétien Nicéphore Soglo qui, en 1990, a redonné au vaudou ses lettres de noblesses et fixé la date du 10 janvier pour célébrer l’ensemble des religions traditionnelles africaines.

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Sat, 25 Jan 2020 18:13:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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