« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Les auteurs du génocide doivent répondre de leurs actes / Le communiqué du CICR qui a tout révélé

Duékoué restera, pendant longtemps, gravé dans la mémoire collective ivoirienne comme étant la face visible de l’iceberg. Notamment du génocide des populations Wê perpétré par les forces armées pro-Ouattara. Les organisations humanitaires internationales qui ont voulu enquêter sur le drame des populations Wê, ayant soutenu le Président Laurent Gbagbo pendant les présidentielles 2010, se sont souvent perdues en conjecture pour dénombrer les victimes et désigner surtout leurs bourreaux. Ayant pris, au départ, partie pour Alassane Dramane Ouattara et ses hommes en armes, ces structures ont éprouvé toutes les difficultés du monde pour accuser les Frci d’avoir commis les exactions et viols sur des civils à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ainsi dans son dernier rapport, une mission de l’Onuci dénombrait-elle 506 personnes mortes lors des massacres de Duékoué. Amnesty internationale annoncera quelque 800 victimes de la barbarie des rebelles. Mais cette Ong aura, toutefois, le mérite d’aller plus loin en dénonçant «l’inaction de l’Onuci» quand les forces pro-Ouattara massacraient les populations Wê à Duékoué. Elle qualifiera même cette attitude de «négligence criminelle». Avant de noter que les violences postélectorales auront occasionné 1.012 morts dont la moitié à Duékoué. Quant à l’Ong Human Rights Watch, elle accusera ouvertement les forces pro- Ouattara d’avoir tué des centaines de civils, violé plus de 20 femmes et filles perçues comme appartenant au camp de Laurent Gbagbo, et incendié au moins 10 villages dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Comme on le voit, toutes les organisations internationales de défense des droits humains ont aussi formellement établi la responsabilité des forces armées favorables à Alassane Dramane Ouattara dans les massacres à Duékoué. Malheureusement, un an après le drame, les bourreaux courent toujours. Dans l’indifférence totale du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), Luis Moreno Ocampo. Alors que les bourreaux des populations Wê devraient répondre pour leurs actes.

Robert Krassault in Notre Voie

Le communiqué du CICR qui a tout révélé
Genève/Abidjan (CICR) – Au moins 800 personnes auraient été tuées le 29 mars lors de violences intercommunautaires dans le quartier Carrefour de la ville de Duékoué, dans l’ouest du pays, selon des informations recueillies sur place par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
«Cet événement est particulièrement choquant par son ampleur et sa brutalité», a dit Dominique Liengme, cheffe de la délégation du CICR en Côte d’Ivoire. «Le CICR condamne les attaques directes visant des civils et rappelle l’obligation des parties au conflit d’assurer en toutes circonstances la protection des populations sur le territoire qu’elles contrôlent».
Des délégués du CICR et des volontaires de la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire se sont rendus sur place les 31 mars et 1er avril pour s’enquérir des besoins de la population locale et recueillir les témoignages sur cet événement. Ils ont également évacué 28 corps vers la morgue locale. Cette opération devrait se poursuivre au cours des jours à venir.
En outre, des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants ont fui les combats et les pillages qui se sont déroulés dans la ville depuis lundi dernier. Les diverses communautés de la ville de Duékoué et des environs avaient déjà été durement touchées à plusieurs reprises par la violence.
Le CICR et la Croix-Rouge ivoirienne, présents à travers tout le pays, continuent à assister les populations touchées par le conflit en leur fournissant des biens de première nécessité et en facilitant l’accès à l’eau potable et aux soins.

Thu, 29 Mar 2012 01:18:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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