Tri entre les hommes et les femmes
Si les informations restent encore parcellaires et les interlocuteurs très prudents dans les informations qu’ils distillent, en raison de l’extrême tension qui règne encore dans cette région de la Côte d’Ivoire sujette aux conflits inter-ethniques, toutes les sources s’accordent sur le fait que la plupart des victimes sont de sexe masculin. Des hommes et des garçons, parfois âgés de trois à cinq ans. Ce qui confirmerait le récit de survivants qui racontent comment les bourreaux ont fait un tri, séparant les hommes des femmes. Certaines victimes ont été tuées par balle, d’autres à la machette, frappées ou brûlées vives. La majorité appartiendrait à l’ethnie Guéré, mais pas toutes.
Au lendemain du communiqué du CICR, et contrairement à toutes les ONG qui se sont refusées à désigner clairement un responsable du massacre, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire a affirmé que "la plupart" des victimes avaient été "exécutées par les ‘dozos’ chasseurs traditionnels du Nord des FRCI Forces républicaines de Côte d’Ivoire", pro-Ouattara. "Il faut faire attention à ne pas tout lire à travers le conflit post-électoral. La région de Duékoué a déjà connu des massacres en 2005, c’est une région sujette aux conflits ethniques depuis très longtemps. Il faut découpler les enjeux locaux de l’enjeu national", met en garde François Danel. La FIDH évoque ainsi plusieurs responsables possibles dont un "coupeur de route", le chef d’une bande armée localisée dans un parc national à côté de Duékoué dont il resterait à prouver qu’il ait agi pour le compte des FRCI.
Jeudi, les humanitaires, prudents, appelaient de leur vœux une enquête indépendante, pariant que la situation, dans la région, mettrait du temps à se détendre, et les rescapés, à rentrer chez eux.
Terrorisés par la violence des massacres commis parfois sous leurs yeux, et la crainte qu’il y en ait d’autres, les rescapés et la plupart des habitants de la zone ont fui leurs maisons et leur quartier, pour se regrouper dans une mission catholique, à Duékoué. "C’est un endroit qui doit faire 800 mètres de long sur 800 mètres de large, où 30 000 personnes sont entassées dans des conditions d’insalubrité terrible", s’inquiète sur place François Danel, directeur général de l’ONG Action contre la faim. Une situation qu’il détaillait dans une vidéo tournée par et pour l’ONG, le 3 avril.
Le Monde.fr | 07 avril 2011 à 19h11, Mis à jour le 08.04.2011 à 11h47
Thu, 29 Mar 2012 00:52:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.