INTERROGATIONS SUR LE NOYAU FAMILIAL
Le noyau familial de Mohamed Merah est également au centre de l’attention des enquêteurs.
Les policiers, qui avaient effectué une perquisition mercredi au domicile de son frère Abdelkader, ont trouvé des "explosifs" dans la voiture de ce dernier.
Or, Abdelkader Merah était fiché comme un intégriste religieux et avait également été inquiété pour sa participation présumée dans une filière d’acheminement de djihadistes en Irak il y a quelques années, sans être mis en examen.
Bernard Squarcini estime que le frère et la soeur du jeune homme, qui sont partis en 2010 dans une école coranique en Egypte, n’ont pas du tout la même personnalité que le tueur au scooter.
Selon une source policière, Zoulikha Aziri a épousé le père d’un homme qui appartenait à un groupe radical de l’Ariège dont les membres ont été condamnés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" en 2009.
Les services de police auraient mis en évidence à partir de 2008 les liens entre les frères Merah et ce groupe, hébergé par un chef religieux auto-proclamé, un Français né en Syrie et surnommé "l’émir blanc."
Mohamed Merah a envoyé de l’argent en prison à l’un des membres du groupe, Sabri Essid. Plus tard, les familles Merah et Essid se sont liées lors du mariage de Zoulikha avec le père de Sabri Essid.
Pour Bernard Squarcini, les liens de Mohamed Merah avec ce groupe sont "peut-être une simple solidarité de cité". Il souligne que le jeune homme n’avait que 18 ans à l’époque et qu’il ne pouvait pas apparaître comme un "activiste chevronné."
Mohamed Merah a dit aux policiers avoir accepté une mission d’Al Qaïda pour un attentat lors d’un séjour au Pakistan et les services de renseignement vont devoir approfondir leurs investigations à ce sujet.
En 2010, Mohamed Merah a effectué un premier séjour en Afghanistan. Selon le procureur de Paris, il est parti par ses propres moyens, avec un visa touristique. Arrêté à Kandahar lors d’un contrôle routier, il est remis aux forces américaines et revient en France.
Le second séjour en 2011, dans la zone tribale du nord-ouest du Pakistan aurait été interrompu par Mohamed Merah lui-même, victime d’une hépatite.
"Il a déclaré au Raid qu’il avait subi un entraînement particulier par une seule personne", assure la "patron" de la DCRI, confirmant que le jeune homme avait voyagé en Turquie, en Syrie, au Liban, en Jordanie et en Israël.
Interrogé à son retour par la DCRI, Mohamed Merah aurait affirmé avoir fait un voyage touristique et cherché une épouse, ajoute le responsable policier.
Jeudi, des responsables à Washington ont confirmé que le jeune homme figurait sur une liste des services de sécurité américains. Ils n’ont pas précisé à quelle date il avait été repéré mais son nom se trouvait sur une "no-fly list", une liste de personnes ayant interdiction d’emprunter les avions en provenance et à destination des Etats-Unis.
Simple récupération ou preuve d’un lien avec les milieux terroristes, un groupe lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué jeudi la tuerie de Toulouse, perpétrée par "Youssef le Français".
Reuters
Fri, 23 Mar 2012 18:16:00 +0100
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