« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

LES LARMES DE Me LUCIE BOURTHOUMIEUX

Le 24 Octobre 2012, au prononcé du verdict du juge ghanéen chargé du dossier « Interpol Cote d’Ivoire vs Koné Katina » : Accusé, vous êtes libre, James Cenac relate : « Me Lucie Bourthoumieux présente depuis le 24 Août aux côtés de son client n’a pu retenir ses larmes ».
Oui, Lucie Bourthoumieux, avocate française du barreau de Paris d’origine africaine noire, du Cameroun a coulé des larmes pour la remise en liberté du Porte Parole de Laurent Gbagbo.
Larmes de joie certainement parce qu’elle venait avec son confrère ghanéen de gagner un procès dans une affaire. A la vérité un complot.
Larmes de tristesse aussi, nous en sommes persuadés parce que en Afrique dans un procès d’homme politique, ce verdict, Accusé, vous êtes libre est tellement peu courant.
Larmes de douleur en pensant à tous ces ivoiriens, ex-collaborateurs ou proches du Président Laurent Gbagbo qui croupissent dans les geôles du régime en Côte d’Ivoire ; avec comme charges, les mêmes que celles invoquées contre Koné Katina ; c’est-à-dire des allégations sans preuve, du faux. Larmes de douleur également à l’endroit de tous ces Ivoiriens anonymes ou pas qui épris de la Liberté que Laurent Gbagbo avait acquise pour eux souffrent de constater dans leur pays les atteintes fréquentes et graves à la liberté d’expression et à la dignité de la personne humaine.
Larmes de révolte devant cette injustice criarde que représente le procès pour crimes de sang et crimes économiques d’un personnage comme Laurent Gbagbo, homme de bien, fin intellectuel détenu par la CPI alors que les chefs de guerre et des chasseurs traditionnels dozos transformés en chasseurs « d’Hommes » prospèrent impunément.
Larmes de dégoût quand cette parodie de justice est orchestrée par l’ONU au profit d’un régime triste, parvenu de façon calamiteuse au pouvoir en Côte d’Ivoire.
Larmes de désolation pour l’Afrique en pensant à la terrible culpabilité des Noirs eux-mêmes quant à leurs turpitudes en face des Blancs décrites comme une malédiction par Dee Lee, un Blanc.
Me Lucie Bourthoumieux, à l’avènement du premier Noir Américain à la tête des USA, aboutissement de luttes âpres, le Révérend Jesse Jackson a coulé des larmes ; comme lui, l’Africain cessera de pleurer. Il coulera des larmes d’émotion parce que l’Afrique aura pris sa revanche sur elle-même, c’est-à-dire sur ces Africains de la Honte qui prospèrent sur l’écrasement de leurs congénères par les Occidentaux. L’Afrique du Sud nous a montré le chemin… Une femme, Sud-Africaine est Présidente de L’UA… La machine infernale à broyer de « l’Indépendantiste » comme en Côte d’Ivoire ou en Lybie semble s’enrayer en Syrie et sera certainement inopérante en Iran… C’est au Ghana, premier pays d’Afrique Noire à accéder à l’indépendance, terre natale de Kwame N’Kruma que droit a été rendu à la justice dans le désormais fameux procès Koné Katina.
Courage Lucie pour cet engagement. Séchons nos larmes. La lutte continue. Et nous devons aller jusqu’au bout.

Hervé Amani
Sociologue

Tue, 06 Nov 2012 21:16:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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