Munis de gourdins et de machettes, ils sont venus implanter des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : »Propriété privée d’Abia-Koumassi.Pour toutes activités, s’adresser à la chefferie d’Abia-Koumassi ». Ces frères Ebrié ont fait une procession guerrière que nous ne pouvons accepter ».
C’est par ces mots que le porte-parole de la chefferie traditionnelle d’Adjahui-Coubé (commune de Port-Bouët), Antoine Imban, s’est adressé à la presse, samedi 16 février dernier, pour dénoncer une vieille querelle de terrain opposant son village à celui de Abia-Koumassi.
Poursuivant, Antoine Imban, qui avait à ses côtés le chef notable Alfred N’Doumi Agbakou, a souligné que n’eût été la prompte intervention de la gendarmerie de l’aéroport ainsi que du détachement des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) basé à Port-Bouët, le pire se serait produit. « Nos frères d’Ancien Koumassi, avec à leur tête le chef du village, Jean-Baptiste Aké Nimba, ont visité les opérateurs économiques qui exploitent nos terres pour leur demander de ne reconnaître, désormais, que seul propriétaire coutumier le village d’Ancien Koumassi. Faute de quoi, ils viendraient les déloger incessamment du village », a regretté notre interlocuteur.
Ajoutant que, malgré une médiation entreprise dans le village par le député Konan Kouadio Bertin (KKB) et le directeur de cabinet du Gouverneur du District d’Abidjan à la date du 12 février dernier, rien n’y fit. Par ailleurs, le porte-parole de la chefferie a déploré l’installation anarchique des déguerpis de Moussakro à Adjahui-Coubé par les populations d’Ancien Koumassi. « Malgré une décision de justice demandant l’arrêt des travaux sur le site, les déguerpis continuent de s’installer avec la caution de la chefferie d’Ancien Koumassi. Ce conflit foncier porte un grave préjudice au village, dans la mesure où il a fait arrêter les travaux de construction de la maternité et de la deuxième école primaire », a-t-il stigmatisé.
Pour prévenir toute éventualité, la gendarmerie de l’aéroport faisait des patrouilles incessantes dans le village pendant notre passage. Cette situation a conduit notre équipe de reportage à faire un tour dans le village d’Ancien Koumassi pour mieux cerner ce conflit.
En l’absence du chef du village, Jean-Baptiste Aké Nimba, qui présidait une cérémonie de la génération ‘’Tchakpa’’, nous avons été reçu par l’un des doyens du village, en l’occurrence Christophe Assahoua. Ce dernier n’a pas usé de la langue de bois pour nous répondre. « Le vrai nom de cette localité est Adjahui Namoué, c’est-à-dire le campement de nos ancêtres qui ont installé une seule famille là-bas. Aujourd’hui, des personnes anonymes, qui ne sont pas du village, se réclament chef. Pourtant, pour leur rappeler qu’elles sont nos hôtes, Ancien Koumassi s’est opposé à un projet de lotissement sous le ministère de Abouo N’Dohi Raymond », a indiqué Christophe Assahoua, qui a fait la promesse de mettre à notre disposition un mémorandum sur le site disputé.
Puis, de récuser les affirmations selon lesquelles la chefferie installerait des déguerpis de Moussakro à Adjahui. Bref, le regard que se jettent les populations d’Ancien Koumassi et Adjahui-Coubé transpire la haine. Et il suffit d’une petite étincelle pour que le chaos s’installe.
G. DE GNAMIEN in L’Inter
degnamien@yahoo.fr
Wed, 20 Feb 2013 02:52:00 +0100
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