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Meeting JFPI du 16 février: comment le fpi a piégé le pouvoir

En effet, Justin Koua, le patron de la JFPI et ses alliés, en organisant cette manifestation,n’avaient nullement pour ambition de faire le plein d’un espace à Yopougon, où même le moins connu des partisans de l’ancien président aurait réussi une mobilisation remarquable.

Mais, pour ceux qui se considèrent comme étant l’opposition significative en Côte d’Ivoire, il s’agissait de montrer à la face du monde et à la communauté internationale, que le président ivoirien Alassane

Ouattara «ne veut pas de la réconciliation».

Et Justin Koua ne manque pas d’arguments pour s’en convaincre. «Nous invitons le régime ivoirien à s’abstenir de poser tout acte pouvant fragiliser ou fissurer davantage le tissu social.Conformément à l’engagement pris par le gouvernement dans le cadre du dialogue avec le FPI et la résolution 2062 de l’ONU, de respecter le droit des partis politiques de se rassembler et d’organiser leurs activités sur l’ensemble du territoire national,nous pensions qu’il était temps d’ouvrir le jeu démocratique.

Nous ne savions pas que le régime préparait la répression de ce meeting», avait déclaré le secrétaire national de la JFPI au cours d’une conférence de presse, après que le meeting qu’il a organisé a été dispersé par la police et la gendarmerie nationales, le samedi 16 février 2013. Pour la JFPI, l’organisation de cette manifestation de masse constituait un test pour le régime d’Alassane Ouattara.

De fait, après deux semaines de négociation entre le Gouvernement et le Front populaire ivoirien (FPI-le parti de Laurent Gbagbo), soit les vendredi 18, mardi 22 et mercredi 23 janvier 2013, les deux parties avaient mis sur pied quatre (4) commissions chargées de discuter notamment des questions relatives à la sécurité, au jeu démocratique, à l’Etat de droit et au fonctionnement des institutions et enfin à la réconciliation nationale.

La délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et le FPI de Sylvain Miaka Ouretto avaient convenu, notamment sur la question du jeu démocratique, en ces points II-1- b et f, que «le Gouvernement s’engage à veiller au respect du droit des partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national. Le Gouvernement engage une campagne de sensibilisation sur la sécurité et la liberté des activités politiques (meetings, déplacements, etc.)». Ainsi, en interdisant ou en réprimant cette manifestation de la JFPI, le pouvoir venait de violer cet engagement même si des raisons évidentes de sécurité étaient posées par le maire de la commune de Yopougon, Dr Bertin Yao Yao.

En outre, la JFPI n’a cessé, durant la préparation de cet événement, de rappeler aux autorités ivoiriennes le contenu de la résolution 2062 adoptée le 26 juillet 2012, par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) à sa 6817è séance. Cette résolution, qui s’est félicitée, en son point 11, de la démarche du Gouvernement ivoirien visant à intensifier le dialogue politique avec l’opposition, lui «demande de continuer de prendre rapidement des mesures concrètes à cette fin et de ménager un espace politique à l’opposition (…)».

Aussi, au regard du déroulement des événements du week-end dernier à Abidjan, il apparaît, aux yeux de Justin Koua, que le pouvoir d’Abidjan a contourné la résolution 2062. Par ailleurs, en annonçant à grand renfort de publicité l’organisation d’une manifestation de l’opposition, le leader de la JFPI a réussi à braquer les regards au niveau international sur cet événement, pour que la communauté internationale soit témoin de «la mauvaise foi» du régime d’Alassane Ouattara dans le cadre du dialogue et la réconciliation nationale.

Une action bien ficelée qui a abouti à des dénonciations après l’interdiction du meeting du samedi 16 février, par des partis et mouvements de l’opposition ivoirienne. Ainsi, pour le COJEP, «le pouvoir ne veut pas de la réconciliation».

La Jeunesse de l’UDCY a déploré cette situation, tout comme les Agoras et parlements et la jeunesse de l’UNG. La JFPI, qui semble avoir bien ficelé son affaire, avait adressé des courriers aux différentes chancelleries en Côte d’Ivoire comme pour les prendre à témoin. Cela pour amener la communauté internationale à suivre de très près la «répression» qui s’ensuivrait. «Nous ne voulons pas diaboliser le régime mais nous instruisons le peuple et la communauté internationale. Elle a malencontreusement installé un régime dictatorial en Côte d’Ivoire», a asséné le secrétaire national de la JFPI lors de sa conférence de presse tenue juste après les échauffourées de Yopougon.

On peut donc le dire, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, le maire de Yopougon, Bertin Yao Yao et plus généralement le pouvoir, sont tombés dans le piège que leur ont tendu Justin Koua et alliés. Ce piège qui consiste à présenter le pouvoir Ouattara comme un régime anti-démocratique,fasciste et répressif.

Hervé Kpodion in L’inter

Wed, 20 Feb 2013 03:07:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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