« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Mandat d’arrêt de la Cpi Simone Gbagbo un os dans la gorge de Ouattara / La Cpi découvre le vrai visage de Ouattara

(Cpi) a rendu public, la semaine dernière, l’existence d’un mandat d’arrêt lancé contre l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Mme Simone Ehivet Gbagbo. Cette information a suscité diverses réactions dans l’opinion publique nationale. Elle a provoqué chez certains Ivoiriens, de l’indignation. Ces Ivoiriens estiment qu’Alassane Dramane Ouattara en ferait quand même trop s’il transférait Mme Gbagbo à la Cpi après l’avoir livrer injustement Laurent Gbagbo à cette juridiction. D’autres Ivoiriens, par contre, s’en réjouissaient. Pour eux, les propos du nouveau ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéman, disant que le gouvernement ivoirien « prend acte de ce mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo » équivaudrait à croire que dans les jours prochains, Simone Gbagbo serait transférée à La Haye. Depuis un moment, des rumeurs persistantes font état de ce qu’Alassane Ouattara n’aurait pas l’intention d’exécuter le mandat d’arrêt contre l’ex-Première dame. Des informations confirmées par une source proche du pouvoir actuel. En vérité, le cas Simone Gbagbo constitue un os dans la gorge d’Alassane Ouattara. Selon des sources concordantes, en plus du mandat d’arrêt émis contre Mme Simone Gbagbo, la Cpi aurait émis également des mandats d’arrêt contre des pro-Ouattara. A savoir le chef de l’ex-rébellion armée, Guillaume Soro Kigbafori ; les chefs de guerre Fofié Kouakou, Losséni Fofana, Chérif Ousmane, Wattao, Amadé Ourémi et Morou Ouattara. Si Alassane Ouattara livre donc Simone Gbagbo, la Cpi lui brandira aussitôt les mandats d’arrêt de ses proches et il sera bien obligé de les livrer eux aussi. Personne ne comprendrait alors que Ouattara livre à la Cpi Mme Gbagbo et n’en fasse pas autant pour proches qui sont également soupçonnés de crimes durant la crise postélectorale. Or livrer Soro à la Cpi serait pour Ouattara, une façon de préparer son propre futur transfèrement devant cette juridiction internationale. Car il n’est un secret pour personne que l’actuel président de l’Assemblée nationale n’a pas agit en son propre nom à la tête de l’ex –rébellion armée. Par ailleurs, si Alassane Ouattara décide de ne livrer que les chefs de guerre et d’épargner Soro, il ne peut jauger de leur réaction. Pour toutes ces raisons, Alassane Ouattara hésite à donner suite au mandat d’arrêt de la Cpi contre Simone Gbagbo. Un véritable casse-tête pour le régime Ouattara.

Boga Sivori
bogasivo@yahoo.fr

La Cpi découvre le vrai visage de Ouattara

Depuis jeudi, la cour pénale internationale a révélé qu’elle a lancé un mandat contre Mme Simone Gbagbo depuis le mois de février 2012, dans le cadre des crimes commis au cours de la période qui a suivi l’élection présidentielle de 2010. Ainsi donc, après son époux, le président Laurent Gbagbo, Mme Gbagbo serait la deuxième personnalité ivoirienne à rejoindre le centre de détention de La Haye. Curieusement, depuis la révélation de cette information, le gouvernement ivoirien ne brille pas par sa présence. Au contraire, il est devenu presque aphone. A peine a-t-on entendu le nouveau ministre de la Justice et des droits de l’homme, Coulibaly Gnénéman, dire que le régime se donne le temps de livrer sa réponse « au moment opportun ». Il est donc désormais bien loin le temps où le même Gnénéman battait campagne à La Haye pour le transfèrement du président Gbagbo, au motif que son éloignement de la Côte d’Ivoire favoriserait la réconciliation nationale. C’était peu avant les législatives de décembre 2011. La question que tout le monde se pose dès lors est de savoir pourquoi Alassane Ouattara montre peu d’enthousiasme à envoyer à La Haye tous les proches de Gbagbo qu’il maintient pourtant en prison sans jugement depuis bientôt deux ans ? La réponse est pourtant simple. Si Ouattara s’est empressé de déporter Gbagbo c’est parce qu’il pensait se débarrasser d’un adversaire politique qu’il redoute au plus haut point. Pour lui, Gbagbo parti, les choses allaient marcher comme sur des roulettes. Pour arriver à ses fins, il a sans doute promis monts et merveilles à la Cpi. Son complice, l’ex-procureur de la Cpi, l’argentin Luis Moreno-Ocampo, se pavanait à volonté sur les bords de la lagune Ebrié pour dire tout le bien qu’il pensait de la coopération entre son organisation et le régime Ouattara. Bien évidemment, ses voeux ont été exhaussés et Laurent Gbagbo a été transféré dare-dare et en catimini à La Haye. Malheureusement pour lui, les choses ont beaucoup évolué. Sur de son fait et croyant naïvement au discours démagogique d’Alassane Ouattara qui a dit à qui voulait l’entendre que personne n’échapperait. Plus d’un an après, la Cpi se rend à l’évidence qu’Alassane Ouattara est à la fois un dictateur friand de la « Justice des vainqueurs». Pour lui, seuls Laurent Gbagbo et ses partisans doivent être embastillés même s’ils sont innocents comme c’est le cas. Quant aux pro-Ouattara, qu’ils soient chefs de guerre, mercenaires ou autres miliciens armés, leurs crimes mêmes avérés ne doivent pas faire l’objet de sanctions. Tel est le visage d’Alassane Ouattara, le vrai visage que les Ivoiriens connaissent depuis 1990. Un visage qui est totalement différend du faux que la propagande médiatique et la Françafrique ont présenté au monde afin de l’installer au pouvoir par tous les moyens.

Guillaume T. Gbato

In Notre Voie

Tue, 27 Nov 2012 02:31:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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