Recours aux organisations de défense des droits de l`Homme
Pour les conseils de l`ancien président ivoirien cependant, c`est l`assurance. Ils restent convaincus de leurs actions, disant faire confiance à la justice. Sur la plainte déposée contre l`armée française, Me Lucie Bourthoumieux répond : « Nous savons que la France est un Etat de droit et que les juges français sont indépendants. Il est vrai qu`en matière judiciaire et dans le système français, l`Etat, à travers le ministère public représenté par le procureur de la République, a l`opportunité des poursuites. Donc effectivement, il peut classer un dossier sans suite ». Mais l`avocate franco-camerounaise que nous avons joint hier par téléphone, se dit confiante, car la plainte contre l`armée française a été bétonnée. « Cette plainte a été accompagnée de la constitution de partie civile. Ce qui fait obligation au juge d`instruire la plainte. Donc nous faisons confiance à la justice française, et nous espérons que notre plainte sera reçue ». Dans le cas de la saisine de l`Onu pour la mise en place d`une commission d`enquête internationale, l`avocate de Gbagbo pense que l`Onu joue ici sa crédibilité. Toutefois, souligne-t-elle, « si Ban Ki-Moon, pour des raisons qui lui sont propres, et parce qu`il aurait des intérêts que l`Onu qu`il n`a pas créée ignore, décide de rejeter notre demande, nous allons solliciter auprès d`autres organisations internationales, la mise en place d`une véritable commission internationale d`enquête ». Les conseils de Gbagbo ont donc plus d`un tour dans leurs sacs pour contrer la France et l`Onu. On le sait, les organismes de défense des droits de l`Homme qui sont nombreux à travers le monde, sont parfois agaçants sur ce genre de dossier. Aussi ne cracheraient-ils pas sur celui de Gbagbo. Déjà en Côte d`Ivoire pendant la crise post-électorale, des organisations internationales de défense des droits de l`Homme, notamment Human Rights Watch (HRW) et Amnesty Internationale, ont souvent pondu des communiqués très critiques contre le nouveau régime. Elles pourraient être mises à contribution pour des enquêtes. « Nous sommes déjà en contact avec des organisations aux USA, en Chine, en Amérique latine et en Afrique, et les négociations sont très avancées pour qu`elles viennent enquêter en Côte d`Ivoire. Donc, cette demande va aboutir. Si nous l`avons lancée, c`est parce que nous avons des assurances quelque part, parce que la communauté internationale a commencé à s`interroger sur les attitudes suspectes de Ban Ki-Moon. Donc il faudra compter avec la mise en place de cette commission internationale d`enquête », a conclu l`avocate Lucie Bourthoumieux. La bataille s`annonce donc rude entre la machine internationale et les avocats de Laurent Gbagbo.
Hamadou ZIAO in L’Inter
Fri, 30 Sep 2011 23:37:00 +0200
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