« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Pas d’université dans la République des dozos

On a combattu la République des professeurs pour installer quelle République ? J’ai lu, comme la plupart des résistants ivoiriens, la contribution du politologue français Michel Galy. Comme une hirondelle dans les prés, il n’est pas sûr qu’il fasse le printemps d’une révolution mentale au service de la véritable renaissance des peuples opprimés. Mais, à l’occasion de cette brillante contribution sur la situation de l’université en Côte d’Ivoire, nous sommes tous invités à une réflexion sur l’histoire de nos rapports avec ceux qui nous font souvent la morale d’être toujours à la traîne du progrès humain. Si nous sommes encore sous développés, n’est-ce pas parce qu’on nous veut ainsi ? En-deçà des discours qu’on tient en bombardant nos palais, il ya une logique implacable de nous maintenir dans l’état de sous-développés. Sinon comment comprendre que ceux qui hier se sont mobilisés au nom de toutes les valeurs que renferme la démocratie pour l’évolution d’un peuple se taisent aujourd’hui sur la destruction par un régime de tout un système éducatif ? L’Onu, l’Unesco, l’Unicef, la Francophonie…toutes ces organisations d’habitude promptes à faire même la morale aux gouvernements dont les écoles marchent sont devenues aphones. C’est de bonne guerre. Toutes ces organisations sont justement des instruments de ceux qui trouvent leur compte dans l’abrutissement des peuples opprimés. C’est ainsi qu’on perpétue le rapport du maitre et de l’esclave. Mais le plus ridicule dans cette affaire c’est quand le produit du système se croyant affranchi, prend les autres pour des nez percés. Soro Guillaume, le ″noble rebelle″ ivoirien s’est indigné la dernière fois sur le plateau de la RTI de l’état dans lequel il a trouvé l’université d’Abidjan comme si nous devrions penser qu’il est le messie tant attendu pour le salut de notre système éducatif. Il ne peut certainement pas savoir qu’il est un instrument dans les mains des esclavagistes pour tirer la société ivoirienne vers le bas. Quand Soro Guillaume attaquait la Côte d’Ivoire en 2002 avec ses hommes, elle était sur le point de se doter d’une cinquième université. Deux à Abidjan, une respectivement à Bouaké, Daloa et Korhogo. Après cinq ans d’emprise sur les zones CNO dont toutes les universités ont délocalisé au sud et cinq autres années comme premier ministre de toute la Côte d’ivoire, la dernière année comme premier ministre de celui qui a promis une université par an au pays, à qui appartient ce bilan d’un Etat sans université ? Nous avons tout compris, la logique veut qu’on ne fasse la guerre à la République des professeurs que pour la remplacer par une République de z…



Joseph Marat

Wed, 07 Mar 2012 22:04:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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