« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Patchwork des inconstances régnantes


Nombreux sont les Ivoiriens qui se sont mis à la diète tellement la plupart de ce qui leur est proposé comme lecture sur la politique nationale est indigeste. Les écrits continuent de grouiller à travers les journaux et leurs Unes, mais rares sont ceux qui rapportent des propos de hauteur. J’avoue en même temps que les journalistes ne sont pas en cause dans l’affaire. Il y a que les nouveaux animateurs de la vie politique nationale ne leur donnent plus l’occasion de s’élever. Ceux mêmes qui s’essayent au jeu de l’élévation se sentent constamment menacés par l’épée d’Eudieka. Mais avant de vous servir quelques morceaux choisis des inconstances régnantes, je vous recommande de lire la lettre ouverte à Dagri Diabaté de Waraba, l’un des nombreux Ivoiriens originaires du nord qui n’ont pas attendu d’être "rattrapés" pour s’imposer dans l’estime de leurs concitoyens. Ce texte dont le support échappe encore à la censure des "saigneurs" vous ressource et vous donne la mesure de la chute de la Côte d’Ivoire. Pour le "n’zassa" des frasques politiques en Eburnie, commençons par Cissé Bacongo commentant l’actualité sportive qui dit ceci: « le pacte d’Akradjo est géré, la coupe vient à Abidjan ». Nous voulons tous que la coupe vienne nous évader un peu des serres de toutes nos misères, mais nous savons aussi que les dirigeants chez qui la fin justifie les moyens, sont les plus à craindre. Ce n’est pas forcément bon signe qu’un ministre de l’enseignement supérieur plastronne sur des canards pour faire la promotion de l’obscurantisme. Décidément, la rationalité ne semble pas être leur fort. Un autre, Gnenéma Coulibaly ministre des droits de l’homme en Côte d’ivoire dit en substance qu’ils ont transféré Laurent Gbagbo à la Cpi pour lui rendre service. Dans l’absolu, on ne crache jamais sur un service. Mais nous pensions que Laurent Gbagbo, le co-auteur indirect de 3000 crimes de guerre était plutôt à Scheveningen pour que triomphe la justice et non pour le préserver de la maltraitance d’un régime peu fiable en matière de droits humains. On ne s’attardera pas sur le cas Banny, le réconciliateur qui brasse du vent à cause de sa rancœur contre Laurent Gbagbo qui aurait refusé son "tandem" subversif. Au dessus de ce beau monde, le chef, Dramane Ouattara. A son endroit, on aimerait bien pouvoir dire autre chose qu’il raconte des "contrevérités" et qu’il prend souvent son auditoire pour des personnes dépourvues de tout esprit critique. Nous n’irons pas plus loin pour dire qu’on peut projeter sur les autres que ce qu’on possède soi-même.



Joseph Marat

Wed, 01 Feb 2012 09:11:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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