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Cheikh Anta DIOP
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Procès de Dogbo Blé : Chaude empoignade entre Ange Kessi et les avocats – Le juge tranche aujourd’hui

Le procès sur l’assassinat du Colonel-major Adama Dosso s’est ouvert hier mardi 2 octobre 2012 à la grande salle d’audience de la Cour d’Appel, au Tribunal d’Abidjan sis au Plateau, avec la comparution devant le premier juge de ladite cour, Mathurin Kangah, du Général Bruno Dogbo Blé et de quatre autres militaires.
Prévu pour se tenir à 8h30, c’est finalement à 14h08 que l’audience a démarré. Le palais de justice du Plateau ressemblait, à l’occasion de l’ouverture de ce procès, à un cantonnement de la gendarmerie nationale. Des véhicules avant blindés (VAB), des gendarmes en cagoule, armes au point, veillaient au grain. C’est sous bonne garde que le Général Dogbo Blé et les autres militaires ont été conduits dans la salle d’audience.

Dès l’entame, les avocats de la Défense ont dénoncé un vice de procédure. Ils ont signifié au juge que la procédure qui a conduit à l’inculpation des prévenus que sont le Général Dogbo Blé, le Chef de bataillon Kipré Yagba, les Sergents-chefs Toh Ferdinand, Yapi Yavo Gustave, Lobé Lobé Charles, Lago Léo Jean-Noël et le Sergent Toualy Noël, a été violée. « La violation de la procédure est grave, intolérable. Dans le dossier, il n’y a aucune instruction militaire, aucun Procès verbal (PV) d’interrogatoire d’un juge militaire », a soutenu d’emblée l’avocat de la Défense, Me Raoul Gohi Bi Marc, brandissant l’article 68 du code de procédure militaire. Ses clients étant inculpés d’enlèvement, d’assassinat, de séquestration et de complicité d’enlèvement, de séquestration et d’assassinat, il a affirmé qu’«en matière criminelle, l’information est obligatoire. Elle doit être faite par un juge militaire. On nous a servi l’ordonnance de renvoi d’un juge de droit commun, il était incompétent pour le faire».

Sur cette base et aussi parce que selon le code de procédure pénale, personne ne doit puiser des informations dans l’ordonnance de renvoi d’un juge qui s’est déclaré incompétent au risque de se voir sanctionné, Me Gohi Bi a estimé que le juge Mathurin Kangah devra prendre une décision pour annuler tous les actes liés à cette instruction et ordonner la libération, donc l’annulation du mandat de dépôt contre ses clients. «Ne vous rendez pas coupable de forfaiture. Nous ne voulons pas subir de sanction de notre ordre. Cette procédure a été bâclée, vous avez été mal informé», a déclaré l’avocat. Avec lui, Me Martial Gahoua, Me Mathurin Guirabou, Me Coulibaly Nambégué et bien d’autres, ont tenté de convaincre le juge de prendre cette décision.

En face, le Procureur militaire, Ange Bernard Kessi Kouamé et son colistier ont battu en brèche les arguments de la Défense, estimant avoir suivi la procédure normale. «Si les avocats n’ont rien à dire, qu’ils se taisent pour qu’on fasse le procès», a-t-il asséné, avant d’être interpellé par le bâtonnier des avocats. «Que le Commissaire du gouvernement se contienne», a-t-il dit. Et Ange Kessi de reprendre : «Inutile de revenir sur le caractère légal et légitime de la procédure. Monsieur le Président, vous avez été saisi à bon droit et correctement. Nous vous invitons à poursuivre le procès pour faire éclater la vérité».

Pour le Parquet, une plainte avait été déposée contre X dans cette affaire, jusqu’à la fin de l’instruction. Le juge de droit commun découvre que des militaires sont impliqués et décide de se déclarer incompétent. Mais pour Me Guirabou, «il faut qu’on respecte le droit. Tant qu’on ne respectera pas le droit, on n’avancera pas». Face à cette empoignade, le juge Mathurin Kangah a ajourné l’audience à ce mercredi 3 octobre à 10h, pour trancher. Il décidera, soit d’annuler la procédure et ordonner la libération des prévenus, soit d’écarter la requête de la Défense, et le procès quant au fond, pourra se tenir. Par ailleurs, il est à souligner que les Sergents-chefs Yapi Yavo Gustave et Lobé Lobé Charles, anciennement en service à la Garde républicaine (GR), n’ont pas comparu hier parce qu’ ‘’en fuite’’. Deux mandats d’arrêt ont été lancés contre eux, a indiqué un greffier militaire présent à l’audience.

Hervé KPODION in L’inter

Wed, 03 Oct 2012 03:15:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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