« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Racket des forces de l’ordre – Au-delà des discours, le phénomène se poursuit.

Un jeune soldat des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), seul, derrière les coffres d’un car en partance pour Bouaké récupère les documents d’achat de marchandises sur lesquels figurent des stickers du ministère de l’Économie et des Finances. Il menace le commerçant de le conduire au poste. Après plus de quinze minutes, l’homme sous la pression du chauffeur et de son convoyeur consent, sans gêne, à payer 2000f au soldat. Il n’est pas douanier, ni policier. Le corridor de la gesco n’étant pas un poste douanier, on s’explique d’ailleurs mal, la présence de douaniers en ce poste de sécurité. Comme ce jeune soldat qui fait du trafic d’influence, le racket sur les routes ivoiriennes, se poursuit, loin des discours et autres menaces du commissaire du gouvernement, Anges Bernard Kessy Kouamé et des ministres délégué à la Défense et celui de la Sécurité et de l’Intérieur. Le coup de sifflet d’un agent a un coût qui varie entre 500F et 1000 F. La faute à des propriétaires de véhicules de transport routier qui souvent ne mettent pas leur véhicule en règle. Mais ces fossoyeurs de poche, eux, n’ont cure des menaces et des papiers. Seuls comptent les espèces sonnantes ou de vieux billets sales. Que faut-il faire pour éradiquer un phénomène dont la conséquence néfaste est reconnue de tous ? Les inspecteurs assis à la Tour C ont la réponse, mais préfèrent demeurer dans les bureaux pour faire l’inspection des hommes. L’actuel ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des Pme, racontait en 2007, l’exemple du Bangladesh au sortir de la guerre. Le Chef d’état-major a pris son bâton de pèlerin, pendant plus d’un moins pour parcourir toutes les routes et démanteler les faux barrages et arrêter tous les racketteurs. La lutte contre ce phénomène, qui n’honore pas notre pays, est un travail de terrain qui doit se faire avec la pleine complicité des transporteurs, les vrais, qui ne vivent pas du racket et de la violence exercée sur les chauffeurs par leurs voyous dans les gares routières. En juin 2008, le patronat du transport du président Samassi Mossanifo a, de concert avec l’état-major des armées, lancé une opération sur l’axe Abidjan-Odiénné et Abidjan Séguéla. Il suffit de faire sortir ces hommes aux bedaines lourds, pour les mettre en mission sur les routes, en tenue civile, pour épingler au fil des voyages, tous les agents indélicats. Avec une belle promotion dans les médias et la presse, cela donnerait à réfléchir à ces travailleurs qui ont de belles voitures, avant de siffler. Car, en plus de racketter, les éléments des forces de l’ordre ivoiriennes (on peut le voir à Lolobo, 12 Km de Yamoussoukro vers Tiébissou), sont maîtres des manquements aux consignes. Les gendarmes, eux, sifflent, ne se déplacent jamais vers un véhicule, mangent sans s’inquiéter pour leur vie sous leur appâtâme de fortune quand les douaniers eux, sont de tout temps en sandales. Idem à la sortie ouest de Yamoussoukro. Daloa, Duékoué, Bouaké, Korhogo, on se demande bien à quoi servent nos policiers et autres éléments des Frci sur les corridors de sécurité. Il faudrait peut-être au ministère de l’Économie et des Finances songé à installer des régisseurs comme du temps de la Centrale des Forces Nouvelles, pour encaisser le faux blé qui ne bénéficie pas à l’Etat.

Adam’s Régis Souaga in Lebanco.net

Sat, 22 Dec 2012 05:06:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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