« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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RSF : Mieu a une approche bizarre du mieux

Nous nous souvenons tous dans ce pays de la morgue de Robert Menard, alors premier responsable de Reporters Sans frontières, organisme connu dans le monde entier comme le tribunal moral de tous les régimes qui ont peu d’égard pour la liberté de la presse. Après son activisme à RSF, nous avons redécouvert Robert Menard sur les chaînes de télévision de son pays tentant de faire avaler à tous, que Laurent Gbagbo est un dictateur de la pire espèce. L’organisation n’a pas beaucoup changé d’objectif depuis le départ de Robert Menard. Si nous l’avons rarement eu à la botte dans les derniers moments du règne du président Gbagbo, il faut dire qu’il n’avait rien à dire sur un régime qui avait fini par convaincre que c’est à lui qu’on doit la dépénalisation des délits de presse et d’opinions. Baudelaire Mieu est le représentant de RSF en Côte d’Ivoire. A en croire le journal Fraternité Matin du samedi 21 janvier dernier, il a fait le point sur la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. On note au passage que ce sont des points, des rapports de ce genre qui entrainent généralement l’acharnement de RSF sur les régimes politiques liberticides selon ses animateurs. Alors le sieur Mieu, après avoir dénoncé les dérives du régime de Dramane Ouattara parvient à la conclusion que la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire s’améliore. On ne l’a pas vu nous informer le moment où la situation était pire, mais le voilà en train de nous dire que nous sommes désormais au seuil du meilleur des mondes possibles. Mais même là, le mensonge est intriguant. Comment les choses peuvent s’améliorer si RSF, l’organisation de Mieu est justement obligée de prendre en charge un cas flagrant de répression ? Si un régime qui condamne à une mort certaine des journalistes en bloquant leurs avoirs, n’est pas pire, à quel moment le deviendra-t-il ? Il est tout de même bizarre qu’une organisation de défense des droits des journalistes trouve qu’un régime politique s’améliore justement au moment où celle-ci est contrainte par ledit régime de porter assistance à une journaliste condamnée à mort à cause du gel de ses avoirs. Allez-y comprendre quelque chose. Pour sûr, Mieu doit revoir son approche du mieux.



Joseph Marat

Fri, 27 Jan 2012 03:04:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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