« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Ses relations avec le chef de l’Etat : Ce que Soro a toujours caché aux Ivoiriens « Voici celui qui m’a conduit à Ouattara »

L’information (recueil d’anecdotes) est disponible sur le site «www.guillaumesoro.com ». Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, revient sur ses premiers pas avec Ibrahim Ouattara, frère cadet du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, connu sous le sobriquet « Photocopie ». Des pas, qui l’ont conduit à Alassane Ouattara, alors Premier ministre. De fait, en prélude à la visite d’État du Président Alassane Ouattara dans le District des Savanes, qui a débuté hier, 2 juillet 2013, Guillaume Kigbafori Soro, s’est rendu le lundi 1er Juillet à Kong en vue de mobiliser les populations et constater l’état des préparatifs. Pour cette occasion, il a reçu les chefs cantons, les chefs des grandes familles et les chefs de quartier ainsi que des cadres de Kong à la résidence du ministre des Affaires présidentielles, le député-maire Ibrahim Ouattara. Nous vous proposons l’intégralité des révélations qu’il a faites.

« Vous savez que chez nous en Afrique, on ne parle pas beaucoup. Mais à l’occasion des événements, il faut qu’on dise quelques mots. Ibrahim Ouattara qui est assis à côté de moi, si les gens nous voient, ils penseront que c’est une affaire de personnes au pouvoir, mais ce n’est pas vrai. Je dirai même que nous sommes plus proches actuellement que nous l’avions été dans le passé. Ibrahim Ouatara pour moi, c’est un grand-frère. C’est quand j’étais encore étudiant, au moment où je dirigeais le mouvement étudiant (Ndlr Fesci) que nous nous sommes connus.

Venance Konan, Gbagbo et moi

Je sais qu’il sera quelque peu gêné mais pour l’histoire, il faut que je le dise. Donc, quand j’étais leader du mouvement étudiant (Ndlr ; Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) j’étais très proche du Front populaire ivoirien ( Fpi) et de Gbagbo, vous le savez. Je vois Venance Konan (Ndlr : DG de Fraternité Matin, Quotidien gouvernemental). Il écrit tout le temps dans « Ivoir’Soir ». J’étais très proche de Gbagbo, j’allais chez lui et tout le temps. C’est un peu avec eux que j’ai grandi dans le militantisme et le syndicalisme. L’actuel Président de la République, moi je ne le connaissais pas. Moi j’étais étudiant et lui Premier Ministre. J’étais un peu gauchisant et on faisait chaque fois des revendications. Mais je pense que c’est ma rencontre avec Ibrahim Ouattara qui m’a changé parce qu’avant, j’attaquais le régime, j’attaquais l’ancien Premier Ministre Alassane Ouattara, tout ce qu’on pouvait, nous le disions. C’est dans ces moments-là que Ibrahim Ouattara et moi, nous nous sommes connus. Mais cela n’a pas été une approche politique, il a eu une rencontre affective avec moi.

Quand nous nous sommes connus, quelquefois quand je venais à Bouaké pour faire mes meetings, je le retrouvais. Il me prenait en véhicule, on venait à Ferké, on venait à Kong. C’est ainsi que lui et moi nous avons commencé à nous fréquenter réellement et il a commencé à me parler de son grand-frère etc (Ndlr : Alassane Ouattara).

Jusqu’à ce qu’un jour, où nous sommes venus visiter la construction que son grand-frère (Alassane Ouattara) réalisait ici et je lui ai dit : « Bon Ibrahim, depuis, nous parlons, nous parlons. Mais aujourd’hui, je te donne mon engagement : à partir d’aujourd’hui, je soutiendrai ton grand-frère (Alassane Ouattara) et je mènerai avec toi le combat pour lui ». Depuis ce jour, je retiens que c’est Ibrahim Ouattara, au retour d’un de nos séjours ici en 1998 qui a déterminé et m’a permis de décider de mener le combat pour Alassane Ouattara. C’est cela, la vérité historique. Si quelqu’un d’autre dit que c’est lui qui m’a convaincu, ce n’est pas vrai. Quand il venait à Abidjan, je partais le voir pour le saluer. À l’époque, quand nous étions étudiants, ce n’était pas une affaire d’argent, c’était une affaire de principe, de conviction idéologique.

15 ans de sécrète complicité

Et quand j’ai été aussi proche avec Ibrahim Ouattara, nous nous voyions, nous sortions ensemble pour nous promener, je ne vous dirai pas où nous allions, c’est notre secret et cela restera entre Ibrahim et moi. Mais quand nous sortions, nous parlions, nous échangions, nos liens se sont renforcés. Et aujourd’hui, je viens ici, non pas pour venir rencontrer le Ministre des Affaires Présidentielles mais pour venir voir mon frère, mon grand-frère Ibrahim Ouattara, mon ami. Ce n’est pas une amitié d’aujourd’hui. Je crois que cela fait 15 ou 20 ans maintenant, mais comme c’est un homme secret et discret, il n’en parle pas, il est dans son coin.

Hier (Ndlr : dimanche 30 Juin 2013), je parlais avec lui et je lui dis : « Ibrahim, ça ne doit pas être facile d’être le petit-frère du Président de la République » parce que l’on met tout sur Ibrahim. Pourtant moi je l’ai connu dans la chaleur humaine, dans la fraternité. Ce sont ses qualités que j’ai vues. Aujourd’hui, je rends publics les liens profonds et sincères qui nous lient. Si moi je me suis engagé dans ce combat, je vous l’assure, nous sommes ici sur cette terre des hommes, c’est l’amitié et l’intimité que j’avais avec Ibrahim Ouattara qui l’ont favorisé. Voilà ce que je voulais dire à nos parents de Kong et comme je le dis, parfois au détour des événements comme ceci, il y a des vérités qu’il faut révéler. Ibrahim, vraiment, je te remercie pour la fraternité, l’amitié »

In L’Inter

Source : www.guillaumesoro.com

NB : Le châpo, les titres et inter-titres sont de la rédaction

Wed, 03 Jul 2013 12:13:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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