Un mouvement plus profond…
En attendant, les médias de la sous-région s’inquiètent de cette instabilité chronique au Burkina, à l’instar du Républicain au Mali. Que révèle cette crise ? « Un mouvement plus profond et plus insidieux qu’il n’y paraît, répond le quotidien malien, charriant grogne sociale et malaise politique, le tout sous un dénominateur commun : un appel de sang neuf. » Ainsi donc, poursuit Le Républicain, Blaise Compaoré, « le médiateur attitré des crises voisines et président-doyen de l’Afrique de l’Ouest ne peut pas ne pas avoir compris que tous ses gestes d’apaisement ne semblent plus suffire et qu’il se trouve au cœur d’une spirale. Qu’il tende la main, on lui réclamera le bras. Et qu’il donne le bras, on lui demandera sa tête. Sa patience est celle du caïman et sa ruse celle du Sioux. Mais, conclut le quotidien malien, surmonter le courant impétueux d’une alternance confusément exprimée certes, mais voulue, est son défi. Et celui-ci paraît définitif. »
Compaoré visé ?
A l’instar du quotidien burkinabé Le Pays dans son édition d’hier, le site d’information Guinée Conakry Infos estime que la crise actuelle au Burkina rappelle les événements qui avaient précédé la chute du président Lansana Conté. « La mutinerie au Burkina Faso comporte des points forts semblables à ceux de la crise guinéenne des dernières années du pouvoir de Lansana Conté, entre 2006 et 2008, affirme-t-il. Sauf que ce dernier vivait sous le poids de la maladie qui ne lui permettait pas de gérer directement la crise. Même s’il est vrai que les mutins guinéens n’avaient jamais cherché à le déstabiliser. Ce qui ne semble point être le cas de Blaise Compaoré, estime Guinée Conakry Infos, Blaise Compaoré qui serait, dans une large mesure dans la ligne de mire des militaires soutenus par certains Burkinabé pour des raisons liées aux difficultés économiques qui frappent de plein fouet le pays des hommes intègres. »
En effet, poursuit le site d’information guinéen, « le problème du Faso trouve son origine dans la crise économique que traverse le pays. Plus précisément dans la mauvaise répartition des ressources entre une minorité des proches privilégiés du président et une grande partie des burkinabé qui végètent. Enfin, dans une espèce de “fatigue politique du pouvoir”, d’un Blaise qui, à force de jouer au facilitateur ailleurs en Afrique, se complique la tâche dans son propre pays. »
RFI
Thu, 02 Jun 2011 09:41:00 +0200
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