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Cheikh Anta DIOP
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Violations des droits de la personne en Côte dʼIvoire : TOUSSAINT ALAIN INTERPELLE LE GOUVERNEMENT CANADIEN

Lors dʼune conférence de presse tenue ce matin(hier mercredi 1er juin NDLR), au Centre St- Pierre, à Montréal, Toussaint Alain, conseiller du président ivoirien Laurent Gbagbo, a interpelé le gouvernement de Stephen Harper au sujet de lʼabsence de démocratie et des violations graves des droits de la personne en Côte dʼIvoire. M. Alain est dʼavis que, derrière les ingérences occidentales en Afrique, se cachent de gros intérêts financiers, et non un véritable souci humanitaire.
Dès le 4 décembre 2010, après le second tour de lʼélection présidentielle, le gouvernement Harper a donné son appui sans réserve à Alassane Ouattara. Il a rompu les relations diplomatiques avec le gouvernement Gbagbo et a fourni à M. Ouattara de lʼargent et le concours de policiers canadiens. Une entreprise canadienne, Canadian Natural Resources, exploite dʼimportants gisements pétroliers dʼune valeur de plus de 30 milliards de dollars, en Côte dʼIvoire, notamment avec les plateformes Baobab et Espoir, dans le golfe de Guinée.
Selon M. Alain, « depuis 2002, la France et ses alliés, y compris le Canada, ont systématiquement pris parti pour les rebelles au service de M. Ouattara. La France est même allée jusquʼà tirer sur des civils désarmés en 2004, devant lʼHôtel Ivoire, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. En avril 2011, les soldats de Nicolas Sarkozy ont bombardé Abidjan avec des hélicoptères de combat sous prétexte dʼappliquer une résolution des Nations Unies destinée à protéger les civils, mais ils ont ainsi causé beaucoup de pertes humaines. Et le drame se poursuit encore aujourdʼhui. »
Pendant que la France et lʼONU étaient occupées à détruire les « armes lourdes de Laurent Gbagbo », leurs hélicoptères et leurs blindés servaient à transporter des rebelles et leur permettaient de massacrer des civils, notamment à Duékoué, dans lʼOuest de la Côte dʼIvoire. Loin de sʼacquitter de leur mandat de protection des civils, les Casques bleus ont en fait été complices de ces massacres.
La France et lʼONU nʼont jamais produit aucune preuve que les Forces de défense et de sécurité de la Côte dʼIvoire avaient tiré à lʼarme lourde sur des civils. En fait, il existe des preuves que ces accusations sont de pures inventions, notamment dans le cas du faux massacre de sept femmes à Abobo, où une victime prétendument morte est revenue soudainement à la vie sous lʼœil dʼune caméra.
M. Alain a fait la comparaison suivante avec le Canada : « Quʼaurait été la réaction des autorités canadiennes si, en octobre 1970, une force dʼoccupation étrangère avait obligé Robert Bourassa à nommer le felquiste Paul Rose ministre dans son Cabinet? Il peut paraitre invraisemblable aux Canadiens quʼon force un président démocratiquement élu à intégrer un terroriste à son gouvernement, mais cʼest pourtant ce qui a été imposé à Laurent Gbagbo par la France et ceux qui disent représenter la communauté internationale. En 2007, M. Gbagbo a dû choisir comme premier ministre Guillaume Soro, un chef de guerre rebelle. »

« Il est pour le moins étrange que, tandis que le principe de la primauté du droit est inscrit dans la Constitution canadienne, Stephen Harper favorise la violation de la Constitution et des institutions démocratiques de la Côte dʼIvoire. Pense-t-il que le Conseil constitutionnel de la Côte dʼIvoire est moins légitime que la Cour suprême du Canada? M. Harper ne nomme-t-il pas lui-même les juges de la Cour suprême? En Côte dʼIvoire, il y avait un simple contentieux électoral, et celui-ci aurait dû être résolu par un recomptage des voix, et non déclencher une agression étrangère contre un pays souverain », a ajouté M. Alain.
Depuis la capture du président Gbagbo par les soldats de Nicolas Sarkozy, le 11 avril 2011, les rebelles dʼAlassane Ouattara sèment le chaos en Côte dʼIvoire. Pourtant, la communauté internationale prétendait installer Alassane Ouattara au pouvoir afin de faire respecter la démocratie et les droits de la personne.
Le président, sa femme, les membres de son gouvernement et beaucoup dʼautres personnalités — civiles, politiques ou militaires — ont été brutalement kidnappés et humiliés. Certains ont été tués et dʼautres sont détenus sans mandat et sans possibilité de communiquer avec lʼextérieur. Il nʼy a plus aucune liberté de presse. Les exécutions sommaires pour cause dʼappartenance ethnique sont monnaie courante, de même que les enlèvements. De véritables camps de concentration servent à parquer des milliers de prisonniers, dont les proches sont sans nouvelles. Maisons et commerces sont systématiquement pillés. Des millions dʼIvoiriens ont dû fuir leur domicile. Certains sont déplacés à lʼintérieur du pays et dʼautres sont réfugiés dans les pays voisins. Ils vivent dans des camps surpeuplés où les conditions de vie sont très difficiles.
Devant ce carnage, la communauté internationale est désormais muette. M. Ouattara parle dʼune prétendue réconciliation, voire de traduire M. Gbagbo devant les tribunaux, alors que ses rebelles continuent de commettre des exactions. Le premier ministre Harper a jusquʼici été silencieux devant ces exactions.

Renseignements
Congrès ivoirien du Canada Jean-Hilaire Yapi (514 823-2942) Béatrice Zako (514 508-1891)

Pièces jointes
La crise en CI – Regard sur les faits La tyrannie et ses mensonges What the World Got Wrong in Côte D’Ivoire

Compilation des violations des droits de la personne
S.O.S. Droits Humains en Côte dʼIvoire http://www.sosci.org/MSLYF/

Thu, 02 Jun 2011 09:54:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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