« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Tribunal militaire d’Abidjan, Ange Kessi fait des révélations sur Boga Doudou et Séka Séka : Concernant Boga Doudou, « Je n’ai pas reçu de plainte »

Un débat a fait jour dans l’opinion, depuis que le procureur militaire, Ange Kessi Kouamé, a annoncé, le mardi 12 septembre 2012, l’ouverture d’une enquête sur la mort du général Robert Guéi, ancien chef de l’Etat, tué le 19 septembre 2002, aux premières heures de la rébellion.
Et ce, pour éviter que les faits ne soient frappés de prescription décennale. Alors, une partie de l’opinion ivoirienne de s’interroger sur le choix du seul Guéi Robert par le tribunal militaire. « Pourquoi enquêter seulement sur l’assassinat de Guéi Robert alors que ce même jour, le ministre Boga Doudou a été, lui aussi, tué » ?

À cette préoccupation, somme toute légitime, Ange Kessi Kouamé a apportée, un éclairage, pour le moins implacable, notamment, en ce qui concerne le cas précis de l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou. « Je n’ai été saisi d’aucune plainte de la part des parents ou autres proches de Boga Doudou. Je ne peux pas m’auto-saisir. Le commissaire du gouvernement ne s’auto-saisit pas… dans ce cas d’espèce. Dans le cas du général Robert Guéi, j’ai été saisi d’une plainte de ses proches… Ce qui n’a pas été le cas pour Boga Doudou. Dans son cas, il n’y a pas eu de plainte. Quand je suis saisi d’une plainte, j’ouvre une enquête. Dans le cas de Boga Doudou, je n’ai pas reçu de plainte… c’est pourquoi, je n’ai pas ouvert d’enquête » , nous a répondu le procureur militaire, lorsque nous l’avons joint par téléphone, hier jeudi 13 septembre 2012. Mais, le procureur militaire ne ferme pas, pour autant, la porte derrière lui. Il s’empresse d’ajouter que « les proches de Boga Doudou ont jusqu’au 19 septembre 2012 à minuit pour nous saisir par une plainte ».

Faut-il rappeler que dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, aux environs de 4 h00 du matin, des individus lourdement armés ont attaqué la résidence de Boga Doudou, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, située au quartier Deux-Plateaux, à Abidjan. Devant le danger, Boga Doudou a essayé de s’échapper en escaladant le mur de sa résidence pour se rendre dans la cour de son voisin, où il aurait été retrouvé et abattu par les assaillants. Selon les conclusions du rapport d’autopsie du médecin légiste, «le ministre Boga Doudou a été atteint par trois balles de type projectiles de fusils d’assaut : une balle dans le dos, au niveau du thorax droit, une balle tirée dans la tête sous la tempe droite et une balle tirée à la face postérieure du coude droit». Il «a été également touché par des résidus métalliques d’une déflagration dont l’onde de choc a provoqué des plaies hémorragiques du bassin et de la colonne lombaire ». Les agresseurs du ministre Boga Doudou n’ont pas encore été identifiés avec certitude… Il est de notoriété publique que Boga Doudou avait beaucoup d’ennemis tant à l’intérieur du régime que dans l’opposition politique et dans la police. Le projet de réforme de la police lui avait valu beaucoup d’ennemis.

Un jour, au cours d’une réunion à l’école de Police, des policiers lui ont jeté du gaz lacrymogène à la face. La réforme de l’identification, attribuée à une société dont les dirigeants sont proches d’un membre influent du Rdr, lui avait valu l’animosité au sein de son propre parti, le Fpi. Boga Doudou avait également beaucoup d’amis notamment au sein du Rassemblement des Républicains ( Rdr) du président Alassane Ouattara et pensait qu’il fallait se mettre au-dessus des contingences politiques. Une approche qui n’était pas du goût de certains au sein du Fpi. C’est pourquoi, les théories de l’accusation qui ont suivi sa mort ont pointé du doigt un ancien ministre d’Etat issu du premier gouvernement de Pascal Affi N’Guessan.

Armand B. DEPEYLA in Soir Info

Fri, 14 Sep 2012 08:37:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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