«Comment j’ai échappé à un transfert sur Abidjan»
«Des personnes accusées d’être des miliciens, sans aucune preuve, ont été arrêtées et transférées à Abidjan», révèle notre témoin qui, selon lui, a eu son salut grâce à un ressortissant burkinabé à qui ses parents ont concédé une portion de forêt depuis plusieurs décennies et avec qui ils sont en de bons termes. «C’est lui qui a plaidé pour ma cause auprès d’un chef des Frci qui se fait appeler «Doss». Mais avant de libérer tous ceux qui ont bénéficié de l’intervention de tierces personnes, que n’avons-nous pas entendues comme injures parce que d’ethnie Wê ?», se rappelle encore Alain qui retient encore des menaces qui ont été proférées cette phrase : «S’il faut vous massacrer jusqu’au dernier Guéré pour avoir la paix dans ce pays, nous n’allons jamais hésiter.» «La présence des Frci est apparemment une providence pour nos frères Burkinabè qui peuvent aller et venir librement de leurs champs, s’adonner à des travaux champêtres pendant que nous qui sommes les propriétaires terriens ne pouvons ni avoir accès aux nôtres ni travailler. Sous le regard complice des FRCI, les Burkinabè ne cessent de peupler le village, exploiter des espaces pour construire des habitations. D’autres ne se gênent pas de porter des armes dans chacun de leurs déplacement pendant que nous, Wê, sommes soupçonnés de cacher d’entretenir des miliciens armées. Chaque soir, les éléments Frci et les Burkinabè se retrouvent pour trinquer ensemble et élaborer des stratégies pour maintenir la terreur dans notre camp», indique notre témoin.
Face à cette psychose, Alain Tchéa G. a décidé de quitter la région pour ne pas retomber aux mains de ses ex-ravisseurs, contrairement à la dizaine de personnes dont il a été témoin du transfèrement à Guiglo où les Frci ont une base militaire.
Bagohouo : à la recherche d’or, les miliciens d’Amadé Ouérémi sèment la terreur…
Le 26 juin dernier, des éléments de Amadé Ouérémi du Mont-Péko [chef de guerre burkinabè accusé de crimes contre l’humanité], ont investi Guingolo-Zia, dans la sous-préfecture de Bagohouo, chef-lieu de département de Duékoué, pour, disent-ils, extraire de l’or qui y aurait été découvert. Et se sont mis à creuser le «sous-sol» sous le regard impuissant des populations. Le chef de village, qui a demandé de surseoir à cette opération en attendant une décision de l’autorité gouvernementale, a fait l’objet d’une mise en garde.
Les hommes d’Amadé Ouérémi ont conseillé aux populations autochtones avec qui ils entretiennent des relations de s’en aller. Au risque de subir des représailles de la part de leurs compatriotes qui ont décidé de «contrôler l’exploitation de l’or de Guingolo-Zia». A ce jour, c’est l’exode chez les populations de cette localité qui sollicitent une intervention de l’administration préfectorale. Elle n’a malheureusement pas encore réagi, d’après les informations qui nous parviennent.
Par Gilles Naismon inLe Nouveau Courrier
Wed, 04 Jul 2012 16:14:00 +0200
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